Improviser vers, proses et traits de crayon


Publié le 24 février 2017

Guy Jean

©Photo TC Media - Marie Pier Lécuyer

CRÉATION. Un grand cahier noir, de la création improvisée, c’est tout ce qui fallait pour que le projet de Guy Jean et son ami Edmond Beaudoin prenne forme. Plus d’une décennie après la publication de l’œuvre, les éditions Neige-Galerie dévoilent une nouvelle version de cet ouvrage mêlant la plume de l’un au crayon de l’autre.

C’est de l’improvisation pure, comme des musiciens et c’est ça l’intérêt du projet Guy Jean

L’obscurité a neigé est une version revue et améliorée de les blanches feuilles où dansent nos âmes.  Publié originalement aux Écrits des Hautes-Terres, en 2005, l’ouvrage était présenté dans un format d’ouvrage régulier.

Au fil des années, le désir d’en faire une nouvelle version, laissant les dessins vivre dans un format un peu plus grand, s’est manifesté. Avec la réédition, sous la bannière de Neige-Galerie, ils ont ainsi créé une œuvre livrée différemment. «On voulait faire un bel objet», explique l’écrivain gatinois.

C’est une rencontre imprévue, aux Lundis de la poésie, qui a été la racine du projet initial. L’amitié s’est développée rapidement entre Edmond Beaudoin et Guy Jean. Par la suite, une fois par semaine, le duo se rencontrait à la résidence de l’écrivain.

Au fil du temps, ils commencent à improviser des créations tant en poésie que par des dessins. Tantôt en écoutant de la musique. Tantôt en discutant. Tantôt en lien avec un événement marquant de la journée.

Ils ouvraient le grand cahier noir, le même chaque fois, et débutait l’exercice de création, installé à la table de cuisine de l’écrivain. Guy Jean écrivait à gauche. Edmond Beaudoin faisait aller son crayon sur la page de droite.

«On s’influençait l’un et l’autre», explique Guy Jean. Une trentaine de minutes et Guy Jean pondait des vers et des proses, tandis que les traits d’Edmond Beaudoin se transformaient en dessins.

En expliquant le processus de création, Guy Jean nous montre le fameux cahier. Le printemps inspire. Le tango aussi. L’étincelle de création varie d’une fois à l’autre mais le résultat est le même.

Une création en moins d’une heure, reflétant le moment, l’instant où l’idée a germée. «On se stimulait beaucoup l’un et l’autre, confie-t-il. C’est plus que s’influencer, c’est sur le coup, c’est à froid, il n’y a pas de grosses discussions de comment on va faire. Il n’y a pas de planification, c’est de l’improvisation pure, comme des musiciens et c’est ça l’intérêt du projet.»

La réédition est un témoignage de cette improvisation, estime l’auteur. «C’est d’abord une expérimentation, de voir comment on peut rejoindre nos esthétiques, jumeler nos esthétiques», poursuit-il.

Il n’est pas exclu de collaborer de nouveau ensemble. Mais le tout est difficile à articuler, Edmond Beaudoin étant à Paris, Guy Jean à Gatineau. Chose certaine, ce projet a nourri tant un que l’autre, alors que plutôt que de travailler chacun de son côté, le duo a pu travailler en collaboration. «Ce qui est intéressant, c’est d’entrer dans l’univers de l’autre», conclut Guy Jean.