Sally Folk: un troisième acte à caractère plus social


Publié le 19 mars 2017

©(Photo: Gracieuseté - Rebeca Alfonzo)

MUSIQUE. Avec son Troisième acte, Sally Folk continue d’explorer les relations hommes-femmes, mais pousse aussi un petit peu plus loin ses réflexions.

«Le troisième acte est un peu plus social, un peu plus polyvalent», note-t-elle d’entrée de jeu. Elle y va aussi d’un album «résolument plus rock» où l’on entend beaucoup plus les percussions que sur les précédents albums. 

Ce passage vers un caractère plus social s’est fait naturellement, convient l’artiste, qui a de nouveau collaboré avec Michel Dagenais. «C’est un mariage créatif qui a commencé il y a presque dix ans», rappelle-t-elle. La formule convient très bien pour le projet des «actes», raconte celle qui évoque un match parfait.

Les réseaux sociaux, la recherche d’amour en ligne, mais aussi la maternité, qu’elle vit présentement, avec sa fille de neuf mois et demi, sont évoqués. «Je veux que les albums ressemblent à ce que je suis entrain de vivre, raconte-t-elle. Je veux sortir des chansons qui ressemblent à mon quotidien. Au moment où je le fais, c’est comme une espèce d’empreinte de ma vie.»

De parler de la maternité sur deux chansons de l’opus «couronnait» ce qui se passait dans sa vie. «C’est sûr que je le fais un peu d’une façon qui est très romancée», prévient-elle.

Avec J’aurai ton enfant quand même, elle s’est intéressée à ces femmes qui tombent enceinte et qui décident de garder l’enfant même si une relation avec le père n’est pas possible. «Je voulais réussir à parler de la maternité de façon beaucoup moins rose et moins coloré, qui était beaucoup moins douce», note-t-elle.

Le titre a fait réagir, admet-elle. Beaucoup de réactions s’en sont suivi, notamment sur les réseaux sociaux. «Je voulais soulever la discussion, rappelle-t-elle. (…) C’est toujours fait pour réfléchir et la raison pour laquelle je les écrit, c’est que je suis moi-même en méditation sur le thème.»

Elle s’intéresse aussi dans certains textes aux hommes-femmes, sujet de prédilection de l’artiste. «Avec un brin sarcastique et dérisoire», rappelle-t-elle. 

Pas question d’écarter ce sujet de ses chansons, précise Sally Folk. «C’est mon noyau, c’est de cela que j’aime parler en spectacle et tout mon spectacle tourne autour de cela.» 

Avec Bouquet de rose, elle s’est intéressée à la question de la galanterie et du romantisme. «Je suis toujours scandalisé par les hommes qui n’offrent pas des fleurs ou qui ne célèbrent pas la Saint-Valentin, raconte-t-elle. Je pense qu’on a perdu beaucoup le romantisme au profit de l’individualité.»

Avec Des fleurs à tes pieds, elle aborde un sujet percutant, celui du suicide. «C’est en hommage à une amie qui elle avait perdu son père très jeune, raconte Sally Folk. Elle parle du deuil, pas de la personne qui commet le suicide, mais de la personne qui reste. «Un coup que la personne est passée à l’acte, un coup que la personne est partie, on ne peut plus rien faire pour la sauver.»

«C’est tout le reste de l’entourage qui doit composer avec cela», raconte-t-elle. Sans avoir vécu une telle situation, elle croit avoir été en mesure de se glisser dans la peau de quelqu’un qui passe au travers cette œuvre. «Je peux m’imaginer la souffrance», précise-t-elle.

Boucler la boucle

Un quatrième acte est prévu éventuellement, bien qu’elle laissera celui-ci vivre et prendre vie sur scène. Il bouclera la boucle du projet. «Il y a encore des trucs que je veux dire», précise-t-elle.

Mais elle ressent aussi l’appel de l’anglais, elle qui a débuté sa carrière musicale dans la langue de Shakespeare.