Le tireur agissait seul, selon la police

Marie Pier Lécuyer mariepier.lecuyer@tc.tc
Publié le 22 octobre 2014

La fusillade  a fait deux morts, hier, au centre-ville d'Ottawa, dont le caporal Nathan Cirillo, âgé de 24 ans,  et le tireur Michael Zehaf-Bibeau.

Trois autres personnes ont été blessées, mais une seule a été atteinte par balle.

La police d'Ottawa a confirmé que Zehaf-Bibeau était la seule personne responsable des victimes de l'attentat et qu'il n'avait pas de complice sur les lieux. Le périmètre de sécurité s'est resserré autour du Parlement et du monument commémoratif.

La vie reprend son cours sur la Colline, ce matin. Les élus sont entrés à l'intérieur de l'édifice central pour la reprise des travaux à la Chambre des communes, le centre-ville est bondé de gens qui retournent au travail après avoir été bouclés à l'intérieur des nombreux édifices au cours de la journée d'hier.

Galerie photo de la journée

Retour sur les événements

Après avoir abattu, à 9h52, le soldat qui gardait le monument commémoratif, un réserviste basé à Hamilton, le tireur, qui aurait habité à Montréal et à Aylmer il y a plusieurs années, s'est introduit à l’intérieur du Parlement quelques minutes plus tard.

Une fois sur la colline parlementaire, il aurait menacé le chauffeur d’un ministre à la pointe de son fusil de chasse à double canon afin de s’emparer de son véhicule pour atteindre les portes principales du bâtiment plus rapidement.

Une fois à l’intérieur de l’édifice du centre, plusieurs  coups de feu ont retenti avant que l’homme ne soit tué par le sergent d'armes de la Chambre des Communes, Kevin Michael Vickers.

D’importantes opérations policières ont par la suite eu lieu à plusieurs endroits du centre-ville, dont sur la rue Sparks et près du Centre Rideau. Le centre commercial a d’ailleurs été évacué. L'ambassade américaine a également été confinée.

Des coups de feu auraient aussi été entendus au Château Laurier, où une civière aurait été amenée, ainsi qu’au coin des rues Queen et Metcalfe. La police d'Ottawa présume qu'un suspect serait entré dans l'édifice RBC situé à cette intersection.

Les cours ont dû être annulés à l'Université d'Ottawa et les étudiants présents en classe ont dû se barricader. Les écoles ont quant à elles retenu les élèves à l'intérieur. Les édifices fédéraux de Gatineau et la Maison du citoyen ont également été en confinement durant les incidents. Le «lockdown» s'est étendu des édifices Pearson, Diefenbaker et Portage ainsi que le centre-ville.

La police d'Ottawa a scruté les berges de la rivière des Outaouais. L'armée a été appelée en renfort. La NORAD était prête à intervenir. La Maison-Blanche a également affirmé être prête à supporter Ottawa. D'ailleurs, le président des États-Unis, Barack Obama, s'est entretenu avec Stephen Harper en après-midi.

Les soldats ont reçu l'ordre de ne plus vêtir leur uniforme pour se rendre et pour revenir du travail à partir de maintenant par mesure de sécurité.

Réactions

«Je ne veux même pas penser à ce qui se produit en ce moment. Ça change tout. La femme à qui j'ai parlé dans la bibliothèque du Parlement, elle m'a dit qu'elle était debout de l'autre côté de la porte de la bibliothèque et qu'elle pouvait voir le tireur à travers la vitre de la fenêtre. Il avait un fusil et a apparemment défilé dans le hall d'honneur», a indiqué John MacKay, député libéral.

«Cet édifice est l'édifice du peuple. Et nous avons été capables d'être fiers de son accessibilité. Je déteste de devoir penser à la possible nécessité de fermer l'édifice au public à cause de la paranoïa et de peurs légitimes. Donc les événements changent tout», a ajouté le député.

Ce dernier n'a pas vu le tireur, mais a entendu une dizaine de coups de feu. Il avait enlevé son manteau et était prêt à entrer en chambre lorsqu'il a entendu les coups de feu. Il croyait d'abord que c'était des bruits associés aux travaux de construction. Puis, il raconte que soudainement, les gens se sont mis à arriver en courant dans le corridor et ils ont suivi les gardiens de sécurité qui demandaient aux personnes présentes de sortir.

Quant à lui, le premier ministre Stephen Harper a réussi à quitter la colline parlementaire sain et sauf.

De son côté, le maire d'Ottawa, Jim Watson, a affirmé être «stupéfait et attristé» par les événements. «Les pensées de vos amis et voisins sont derrière vous. Il n'y a pas de peine plus grande que celle de perdre un proche. La douleur de le perdre dans telles circonstances ne peut pas être décrite», a-t-il indiqué.

Il souligne qu'il ne laissera pas sa colère diriger la Ville et qu'Ottawa a su surmonter des tragédies dans le passé. «Il faudra faire de même aujourd'hui.»

«L'origine des événements et les causes ne sont pas encore comprises. Nous voulons tous des réponses. Ces réponses viendront des différents corps de police: la GRC, la police d'Ottawa et les autres au fur et à la mesure que nous reconstruirons le tragique fil des événements», soutient le maire.

Il a également pris le temps de remercier les intervenants de première ligne qui étaient sur le terrain.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, s’est dit également stupéfait et attristé par la situation. Il offre ses sympathies aux familles des victimes.

Annulations et fermetures

Le match des Sénateurs contre les Maple Leafs de Toronto a été reporté par la Ligue nationale de hockey. Tous les matchs et les entraînements de hockey mineurs ont aussi été annulés.

Les spectacles prévus au Centre national des arts ont également été annulés.

Le Musée des beaux-arts du Canada demeurera fermé jusqu'à nouvel ordre.