Frôler la mort sur son vélo

Marie Pier Lécuyer mariepier.lecuyer@tc.tc
Publié le 28 juin 2014
L'accident a coûté la vie à un homme
Courtoisie : Alexandre Caron - Urgence07.ca

ROUTE 148. Se retrouver à deux doigts de frôler la mort nous rappelle que la vie ne tient qu’à un fil. C’est le constat de Martin Perreault, un cycliste qui a évité le pire de peu.

Il roulait sur la route 148, dans la municipalité de Pontiac, lorsqu’il a vu une voiture faire des tonneaux derrière lui, dimanche dernier. Il apprendra des témoins par la suite que l’automobiliste, qui n’a pas eu la même chance que lui, était à quelques mètres de le happer. «Je n’ai rien vu venir», avoue-t-il.

Cette journée-là, il a pris un itinéraire différent. «J’ai décidé de prendre le chemin de la Montagne, jusqu’au bout, je ne savais pas où j’allais sortir sur la route 148», raconte-t-il. Il s’est donc retrouvé plus loin qu’habituellement. À 12 kilomètres de sa destination, il reçoit du sable sur lui et entend un bruit de frein.

Le véhicule qui était à deux doigts de le heurter fait des tonneaux derrière lui. Il voit la Ford Taurus s’écraser un peu plus loin, à l’envers. «Je suis tout de suite allé aider, j’ai sauté par-dessus la clôture et j’ai lancé mon vélo», explique Martin Perreault.

En marchant vers la voiture il aperçoit une panoplie d’outils, qui ont dû être préalablement dans l’automobile. Arrivé sur les lieux, il tente de voir l’homme. «Il y avait tellement de chose dans l’auto qu’on ne voyait pas son visage», admet-il. Il y avait juste un bras qui sortait.» Mais au final, il est content de ne pas avoir vu l’état de l’homme.

Rapidement, il tente de prendre le pouls. Un autre témoin sur les lieux tente aussi de trouver un signe de vie sur l’automobiliste, en vain. La victime, Shane Byron, est décédée sur le coup.

Quelques jours après avoir vécu cette expérience, le cycliste qui s’est retrouvé par un concours de circonstances à cet endroit s’est remis de ses émotions. Mais les heures qui ont suivi l’évènement ont été tout autres.

Même s’il avait «des nerfs d’acier», quand il était sur les lieux, une fois l’adrénaline partie, il avoue avoir été pris de tremblement et ne pas avoir été en mesure de rouler sur son vélo pour une partie du chemin du retour. Passer près de la mort et voir une personne décéder dans de telles circonstances est marquant, avoue-t-il. «La vie peut basculer assez vite fait», rappelle le père de deux enfants. Il a d’ailleurs pris le temps d’aller serrer ses enfants dans ses bras dans les heures suivant l’accident.