Sentence suspendue et travaux communautaires pour le «faux soldat» Franck Gervais

Marie Pier Lécuyer mariepier.lecuyer@tc.tc
Publié le 4 août 2015

JUSTICE. Franck Gervais, cet homme de Cantley qui avait faussement prétendu être un membre des Forces armées canadiennes, a écopé d'une sentence suspendue.

Il sera aussi en probation pour douze mois et devra effectuer 50 heures de travaux communautaires.

Quelques membres des Forces armées canadiennes étaient présents lors du prononcé de la sentence. Quatre discours ont été livrés pour expliquer les impacts du geste de Franck Gervais sur la communauté militaire. Steve Whelan, Manuel Thibault, B.K Brad White et Gerald Wharton ont dénoncé le geste en ajoutant toutefois que l'homme n'avait pas dans l'intention de blesser. «Monsieur Gervais n'est pas un criminel et ne mérite pas de passer du temps incarcéré pour son indiscrétion», note M. Whelan.

«Ce n’est pas de condamner la personne ou rien de cela, c’est de mettre au grand jour l’impact que ça avait et d’empêcher qu’on ait créé une précédence. S’il n’y avait pas d’action de faite, on ouvrait la porte que peut-être dans le futur que ça se répète encore», note  pour sa part Manuel Thibault, officier de l’entraide à la Légion royale canadienne.

Il estime que l’homme a compris que son geste a eu un impact majeur sur la communauté militaire. «Je suis pas mal convaincu de sa sincérité», ajoute-t-il. (…) Ce n’est pas une question de malice ou de faire quelque chose de négatif, c’est quelqu’un qui a voulu s’intégrer dans un groupe que vraiment, ce n’était pas légitime.»

Franck Gervais a aussi débuté un processus avec le programme de justice collaborative, question de lui faire comprendre la gravité des actions qu’il a commises. Il a notamment participé à une rencontre avec le Major Gerald Wharton, au cimetière militaire Beechwood.

Selon ce dernier, l’homme semblait éprouver des remords en lien avec le geste qu’il a posé et a participé avec intérêt à la rencontre. «Je suis partie avec l’impression que les actions de M. Gervais n’avaient aucune action malicieuse», a-t-il expliqué dans son discours.  

L’accusé ému

Quant à Franck Gervais, il a livré un discours la larme à l'oeil, présentant ses sincères excuses. «Je suis désolé d'avoir été irrespectueux envers les vrais héros», a-t-il lancé. 

Il a assuré ne pas avoir voulu manquer de respect envers les membres des Forces armées canadiennes. «Je ne vais jamais refaire quelque chose comme cela», a-t-il poursuivi. Franck Gervais a aussi ajouté qu'il s'en voudrait toute sa vie. 

Il n’a pas voulu s’adresser aux médias en sortant du tribunal. «Il s’excuse profondément des actions qu’il a posées», a expliqué son avocat, Claude Lévesque.

L’homme aurait voulu rendre hommage aux militaires en se déguisant ainsi.

Dans son discours, la juge a rappelé que ce cas était unique et qu’il est survenu quelques semaines après la mort de Nathan Cirillo, ce caporal abattu le 22 octobre, devant le cénotaphe.

Rappelons que l'homme de 32 ans originaire de Cantley avait faussement prétendu être un membre des Forces armées canadiennes, alors qu'il participait à la cérémonie du jour du Souvenir, en novembre 2014.

Il avait plaidé coupable en mars dernier à deux chefs d'accusation qui pèsent contre lui, soit d'avoir porté un uniforme et des décorations militaires de façon illégitime.