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Xavier Plouffe émerge dans le triathlon de montagne


Publié le 12 octobre 2017

©Pierre Morin 2016

CROSS-TRIATHLON. Le parcours de Xavier Plouffe est inusité. Du hockey au triathlon, en passant par la natation et le vélo de route, le Gatinois de 18 ans s'est qualifié pour deux Championnats du monde de triathlon… de montagne.

À l'image du triathlon, chaque athlète nage, pédale et court, mais dans un milieu montagneux. C'est donc dire que la natation est dans un lac, qu'on s'exerce au vélo de montagne et que les souliers de course sont fait pour des chemins dans la forêt.

On va pédaler sur un volcan avec des dénivelés de 1000 mètres. Heureusement, on ne va pas nager dans le volcan.. Je vais là-bas pour l'expérience. J'essaye de ne pas penser trop à un classement, mais il y aura 850 participants. Si je pouvais finir dans le top 150, je serais satisfait.

Xavier Plouffe, 18 ans

Si aller à deux compétitions internationales, c'est une chose, assurer son laisser-passer à ses épreuves mondiales à sa première tentative est un exploit. Ça s'est déroulé le 12 août dernier, au X-Terra de Québec. Troisième au classement cumulatif, Xavier a été le plus rapide chez les 19 ans et moins.

«Quand j'ai entendu l'annonceur dire que je m'étais qualifié pour deux Mondiaux, je n'en revenais pas. Ça dépasse largement mes attentes. Je savais que si je faisais bien je pouvais y aller, mais je n'y pensais pas. Je voulais seulement finir la course. Quand j'ai réalisé ce qui se passait, ç'a été une claque en plein visage. Une bonne claque.»

L'étudiant en sciences de la nature au Cégep de l'Outaouais sera à la fin du mois à Hawaï pour le championnat du monde X-Terra et en 2018, ce sera au Danemark pour le Mondial de cross-triathlon, organisé par la fédération internationale de triathlon.

Étant dans la Vieille-Capitale pour acquérir de l'expérience, l'ancien hockeyeur n'avait pas imaginé ce scénario. Surtout qu'auparavant, il finissait toujours par se ramasser avec des crampes. Là, il avait 1500m de natation, une trentaine de kilomètres à vélo et une course de 10 km à parcourir.

Surtout qu'à Hawaï, ça ne sera pas facile. Des cross-triathlètes d'expérience y prendront part. Et le parcours sera lui aussi ardu.

«On va pédaler sur un volcan avec des dénivelés de 1000 mètres. Heureusement, on ne va pas nager dans le volcan, a-t-il lancé à la blague. Je vais là-bas pour l'expérience. J'essaye de ne pas penser trop à un classement, mais il y aura 850 participants. Si je pouvais finir dans le top 150, je serais satisfait.»

Et ses voyages pour des championnats mondiaux ne sont pas donnés. Il doit en grande partie remercier ses parents et le magasin Bicyclettes de Hull de lui offrir un coup de main. Ça et le fait que Patrick Dupras, un adepte gatinois de cross-triathlon, et Éric Deshaies, entraîneur du club Espoir, ont pris le jeune homme sous leurs ailes.

De la glace à la montagne

Et comment passe-t-on du hockey au cross-triathlon, au juste? La question fait rire Xavier Plouffe, qui se l'est déjà fait poser par le passé.

«Mon père est enseignant d'éducation physique. Pour lui, c'était important qu'on ne fasse pas qu'un sport et je suis d'accord avec lui. Je jouais au hockey, mais l'été, je me tenais occupé avec toutes sortes de sport. C'était beaucoup de vélo de route et des Coupes Québec à l'époque.»

En secondaire 4, le principal intéressé a découvert le triathlon et a obtenu une dérogation de pouvoir être inscrit à deux programmes sport-études: hockey et natation. Les années ont passé et durant les derniers mois, il a voulu tenter sa chance au triathlon de montagne.

Avoir touché à un peu de tout l'a permis de se démarquer des autres cross-triathlètes. Au hockey, il a évolué dans une <@Ri>prep school<@$p> et a même reçu une invitation au camp des Olympiques, lui qui a fini deux saisons de fil comme meilleur compteur.

Aujourd'hui, il est le capitaine de l'équipe de natation des Griffons au cégep, s'entraînant six fois par semaine.  Afin de s'adapter au vélo de montagne, il a pratiqué avec Antoine Bélanger-Rannou et Émile Farrell-Dessureault, deux des meilleurs cyclistes dans cette discipline dans la région.

C'est un peu ça, sa nouvelle réalité. Le cross-triathlon étant un sport en pleine expansion, il n'y a pas de club dans la région. Xavier Plouffe enchaîne les entraînements comme il peut. Et n'ayant pas de club, l'athlète gatinois peut remercier sa sœur.

«Elle est dans le club Espoir de triathlon. Donc, quand je compétitionne, j'emprunte son maillot de triathlon afin de faire les compétitions», a-t-il lancé en s'esclaffant de rire.