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Le Tour de l'Abitibi aura une équipe gatinoise


Publié le 16 juillet 2017

CYCLISME. Lorsqu'on regarde les archives du Tour de l'Abitibi, il faut remonter jusqu'en 1986 pour voir une équipe locale prendre part à cet important rendez-vous du cyclisme sur route junior.

Ça fait un bail, a raconté Guillaume Lafleur.  Trente-et-un an pour être plus précis. Afin de remettre les pendules à l'heure, le fondateur et gérant d'Équipe Cycliste Gatineau (ÉCG) vient de franchir le cap de la trentaine.

Pour une équipe de la région, ça va être quelque chose. C'est sept jours de course, plus de 600 km. Ils vont en suer un bon coup.

Guillaume Lafleur, fondateur d'Équipe Cycliste Gatineau

«La région a toujours été forte en cyclisme, mais on développait plus les athlètes de manière individuelle qu'en équipe. La dernière fois, c'était un club d'Ottawa qui y avait participé», a mentionné le gérant d'ÉCG, la veille du départ du Tour.

Reste que l'Outaouais a laissé sa trace sur cette compétition de l'Union Cycliste Internationale (UCI) malgré sa longue absence. En 1994, Guillaume Belzile de la Petite-Nation avait triomphé au Tour de l'Abitibi, étant l'un des derniers Canadiens à avoir inscrit son nom sur le registre des gagnants.

Dans la dernière décennie, Américains, Français, Australien et Néo-Zélandais ont ravi les grands honneurs. Plusieurs se sont même servis de cet événement comprenant plusieurs étapes pour se dénicher des contrats chez les professionnels au fil des années.

Car il faut comprendre que le Tour de l'Abitibi, ce n'est pas qu'une simple compétition de vélo. La crème de la crème du niveau junior sur la planète cyclisme se donne rendez-vous dans l'ouest de la province depuis bientôt un demi-siècle pour s'y affronter.

Depuis les dernières éditions, c'est même devenu l'unique arrêt nord-américain de la Coupe des nations junior UCI. En 2017, l'équipe nationale de la France y sera. Des représentants de la Colombie, de l'Estonie, de la Thaïlande, du Japon, du Mexique et des États-Unis également.

«Pour une équipe de la région, ça va être quelque chose. C'est sept jours de course, plus de 600 km. Ils vont en suer un bon coup», a indiqué Lafleur qui prévoyait au départ attendre une autre année avant de les inscrire à ce Tour.

Mais l'opportunité s'est présentée plus tôt que prévue et on n'a pas voulu patienter.

Et afin d'être de calibre, on a recruté trois autres coureurs, dont deux du Manitoba: Scott English (8e au critérium des Championnats canadiens junior alors qu'il était d'âge cadet) et Ness Dalling, qui cherchaient un moyen de participer à l'événement étant donné que le Manitoba n'envoie aucune équipe.

Ce duo s'ajoute au quatuor composé des Ottaviens Carson Miles (sixième au contre-la-montre aux Nationaux), John Stuart et Matt Dickson (autre invité) ainsi que Clay Moon, originaire de Chelsea.

«Ils se connaissent des championnats canadiens et d'autres compétitions. Carson Miles a fait le Tour de la relève à Rimouski avec eux. Ils ont gardé contact en se parlant sur les réseaux sociaux.»

Son équipe a d'ailleurs bien paru depuis le début de l'année. Il y a eu le Grand Prix de Charlevoix où Miles a pris le quatrième rang au classement général. Stuart a ravi l'argent au Critérium de Preston. Et récemment, les résultats obtenus aux Nationaux ont été plus que satisfaisants, a fait savoir le gérant d'ÉCG.

Si Guillaume Lafleur aime les cyclistes qu'il a sous la main, il ne se fait pas de faux espoirs. Équipe Cycliste Gatineau n'a jamais expérimenté une course internationale de cette ampleur. Obtenir un podium serait une belle surprise face à des futurs coureurs du Tour de France.

«Ce genre de compétitions, c'est quelque chose de grand. Tu te fais voir par l'élite. Bon an, mal an, le top-5 de la Coupe des nations devient professionnel. Juste par exemple, en 2016, les deux meilleurs du Tour de l'Abitibi ont signé des contrats pros avant la fin de la saison.»

«Le Tour et la Coupe, c'est un peu comme le junior majeur. Les joueurs essayent d'impressionner les équipes pros pour avoir des contrats pros comme dans la Ligue nationale de hockey», a conclu cet ancien hockeyeur devenu cycliste.