Un petit coup de main devenu grand

Antony Da Silva-Casimiro antony.dasilvacasimiro@tc.tc
Publié le 25 novembre 2013
Steve Goodwin au centre

Lorsque Steve Goodwin a décidé d'aider un ami de son fils en 2008, il ignorait qu'il deviendrait responsable d'un organisme communautaire.

Le père de famille dans le secteur d'Aylmer a reçu le titre de Bénévole de l'année de la part de Hockey Outaouais grâce à son projet Accès Hockey, mis sur pied il y a cinq ans. Cette initiative, qui a démarré avec la collaboration de pères et d'amis, s'est transformée en une aide unique pour les enfants de familles défavorisées afin qu'ils jouent au hockey.

«Mon fils avait un ami qui venait à la maison et les deux jouaient au hockey dans le sous-sol. J'ai vu qu'il aimait ça, mais il n'avait pas les moyens pour acheter l'équipement. Je lui ai donc acheté ce qu'il avait besoin et j'ai dit à ses parents que je connaissais bien le propriétaire. Je ne voulais pas les offenser.»

Il était entraîneur d'une équipe de hockey mineur à l'époque et comme le monde est petit, c'est en parlant avec d'autres entraîneurs et gérants de clubs que M. Goodwin s'est rendu compte qu'il pouvait aider un ou deux autres enfants. «Je leur ai demandé s'ils avaient de l'équipement en trop et ils m'ont dit oui.»

L'équipement était presque neuf. Les pères ont vite compris qu'ils pouvaient venir en aide à plus qu'une poignée de jeunes. Aujourd'hui, ils ont plus de 200 équipements stockés dans un entrepôt de 1000 pieds carrés situé près de l'aréna Duchesnay. Accès Hockey peut habiller jusqu'à une centaine de joueurs de deux programmes différents.

«Il y a de l'équipement pour ceux qui veulent jouer dans une équipe de hockey mineur. Avec la fondation Bon Départ de Canadian Tire, on paie même l'inscription. Et il y a un programme de la Ville de Gatineau où les parents n'ont qu'à débourser 30$ et leurs jeunes peuvent jouer au hockey chaque vendredi soir durant l'hiver.»

Accès Hockey a pris de l'ampleur. Avant, seul le secteur d'Aylmer était desservie. Le projet de M. Goodwin s'est transporté à Maniwaki, à Shawville et à Fort-Coulonge. Dans cette municipalité, ils ont habillé dix enfants, ce qui a permis d'avoir une formation.

«On a même envoyé par avion 30 équipements complets à Denholm. John Chabot, l'ancien entraîneur des Olympiques de Gatineau et dans la Ligue nationale de hockey, nous a approchés et on a accepté.»

L'organisme est même connu par les plus hautes sphères du monde du hockey. Les Sénateurs d'Ottawa ont beaucoup donné, affirme Steve Goodwin, et l'Association des joueurs de la Ligue nationale de hockey ont contribué en offrant plus de 15 000$ en équipement de hockey.

«Tous ceux qui ont embarqué dans le projet, on s'est tous rendus compte que nos enfants ont eu la chance de jouer au hockey. Ils ont été privilégiés. On s'est dit que les autres avaient aussi le droit», indique l'initiateur du projet.

Histoires touchantes

Donner à des enfants dans des familles défavorisées a permis à Steve Goodwin de voir des changements effectués dans leur vie. Le hockey éloigne des problèmes personnels et familiaux pour les jeunes, affirme le principal intéressé.

Et aussi les parents en bénéficient. Quand les enfants jouent, ils sont à l'aréna et jasent avec les autres parents. «Ça brise l'isolement. Il y a aussi beaucoup de mères monoparentales qui nous ont remercié, car ils n'avaient pas les moyens.»

Mais il n'y a pas que de beaux moments. «Cette année, c'est la première fois qu'on voyait des enfants qui n'étaient pas accompagnés de leurs parents. Deux jeunes de dix ans qui arrivaient et repartaient avec leur poche de hockey. On n'a pas su pourquoi», déplore M. Goodwin.

Il se console en pensant aux dizaines d'enfants qu'Accès Hockey a pu aider. «Quand tu vois leur sourire, c'est ta paye en tant que bénévole.»

Maintenant, une gigantesque boîte blanche est installée devant l'entrée de l'aréna Robinson où les gens peuvent donner l'équipement qui ne se servent plus. Chaque année, les bénévoles la vident à une dizaine de reprises. «Ça fonctionne bien. On pense même à élargir le projet et aider les gens des autres secteurs et peut-être même de Papineau», conclut-il.