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Accepter et vivre avec l'épilepsie


Publié le 18 avril 2015
Matthieu Parisien

Trois ans plus tard, ce Gatinois est âgé de 28 ans et a accepté la maladie, qui l'avait complètement ébranlé au départ. «Personnellement, c'était assez difficile à accepter. Je ne savais pas comment gérer ça ou quoi faire avec.»

Matthieu affirme cependant que le tout soit arrivé au «bon moment». Il venait de finir les études en relations publiques à La Cité. Il a donc pu composer avec sa nouvelle condition, qui l'a changé du tout au tout.

Mais intégrer le marché du travail n'a pas été facile. Il avoue que les employeurs n'étaient pas enclins à l'engager à cause de l'épilepsie justement. Selon lui, plusieurs personnes ne savent pas comment le prendre et ne l'acceptent tout simplement pas, ce qui place une barrière entre les deux.

«Ils sont mal informés et ne connaissent pas l'épilepsie. Mais il n'y a pas grand-chose à faire. Il faut laisser les personnes faire leurs crises. Par exemple, moi, je peux continuer à travailler dans mon domaine, ça ne m'affectera pas.»

Matthieu s'est justement trouvé un travail dans son milieu. Et à la meilleure place possible. Il est agent de communication, de sensibilisation et d'auto-financement à Épilepsie Outaouais depuis quelques semaines. «Je ne pouvais pas mieux tomber. On comprend parfaitement ma situation. Suzanne m'a accueilli à bras ouverts.»

Suzanne Guérin, directrice générale et travailleuse sociale au sein de l'organisme régional. C'est elle qui a pris en charge Matthieu lorsque celui-ci a cogné à sa porte il y a trois ans. Mais ça n'a pas été facile, précise le principal intéressé.

Il ne retournait pas les courriels, ne se présentait pas aux rendez-vous. Après plus d'un an à s'entêter, il a fini par se résigner. Il a même commencé à s'impliquer auprès d'Épilepsie Outaouais. Il prend même ses médicaments, chose qu'il refusait de faire auparavant.

Même si Matthieu n'a plus la vie qu'il avait avant, il vit bien avec la maladie. Il souhaite surtout effacer les mythes qui entourent l'épilepsie. «Ça le dit: ce sont des mythes. Ne croyez pas tout ce que les gens racontent.»