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21 février 2017

Antony Da Silva-Casimiro - adasilvacasimiro@lexismedia.ca

Laurence Gervais en mange du hockey

HOCKEY FÉMININ. Jeune, son père avait aménagé une patinoire dans la cour arrière de sa maison près du boulevard Labrosse, à Gatineau. Le clan Gervais au grand complet sortait bâtons, rondelles et patins pour jouer au hockey.

C'est là que Laurence Gervais a passé une bonne partie de ses hivers, après les cours et aussi les fins de semaine.

«Chaque jour, on devait pelleter la neige et l'arroser. On prenait des morceaux de bois pour se pratiquer et des amis venaient nous aider pour jouer après», lance la jeune hockeyeuse de 12 ans.

Aujourd'hui, cette patinoire familiale n'existe plus par manque de temps. Les parents doivent faire le taxi avec les enfants qui ont des entraînements et matchs de hockey. Étant au sport-études à la polyvalente Nicolas-Gatineau, Laurence passe une bonne partie de son temps dans les arénas.

Et ce n'est pas elle qui s'en plaint.

«Ça me manque un peu, car après mes devoirs, j'aimerais ça pouvoir retourner dehors et me pratiquer au hockey. Si je pouvais, je n'arrêterais jamais de jouer au hockey», ajoute la principale intéressée d'un ton enthousiaste.

Pourquoi en parler? Car Laurence adore le hockey, sa passion. Elle en mange chaque jour. C'est l'une des raisons qui ont poussé les dirigeants d'Équipe Québec à la choisir en décembre pour former une formation des meilleures hockeyeuses de catégorie pee-wee à travers la province.

Son temps passé sur les patinoires a rapporté fruits. On a aimé ce qu'on a vu d'elle. Et ce n'est pas n'importe qui que l'adolescente gatinoise devait impressionner: son idole, Caroline Ouellette.

C'est grâce à l'ex-numéro 13 du Canada que la passion du hockey s'est développée pour Laurence. Elle avait rencontré la joueuse de renom au centre Robert-Guertin lors d'une activité organisée il y a quatre ans par la banque RBC. On avait remis 25 000$ pour le hockey féminin.

Te faire dire par les meilleures joueuses au monde que tu es bonne et qu'elles ont remarqué ton talent, c'est spécial. Elles nous ont montré plein de trucs et ont passé du temps avec nous pour qu'on saisisse bien ce qu'il fallait faire.. -Laurence Gervais, 12 ans

Laurence, elle, s'en souvient très bien. Et quand on lui a dit qu'il y avait une chance d'être dirigée par elle, la Gatinoise de 12 ans a sauté sur l'occasion lors d'un camp en décembre.

L'ancienne olympienne était en charge du club provincial qui devait être de la partie pour le tournoi international pee-wee de Québec dans la classe B. Ouellette était d'ailleurs accompagnée de coéquipières de l'équipe canadienne comme Kim St-Pierre et Marie-Philip Poulin entre autres.

L'élève de première année au secondaire a ainsi pu côtoyer son idole pendant quelques jours.

«Te faire dire par les meilleures joueuses au monde que tu es bonne et qu'elles ont remarqué ton talent, c'est spécial. Elles nous ont montré plein de trucs et ont passé du temps avec nous pour qu'on saisisse bien ce qu'il fallait faire» raconte Laurence avec émerveillement dans sa voix.

Ses nouvelles coéquipières et elle ont cependant fait écarquiller bien des yeux. Peu donnait grandes chances à l'équipe féminine… car ce sont des filles qui allaient se mesurer aux garçons.

Les mauvaises langues ont dû se taire. Après avoir perdu leur premier match, la formation de Caroline Ouellette a vaincu des équipes de Boston et de Calgary avant de plier l'échine contre un club letton en grande finale.

Et Laurence Gervais, qui a même marqué un but lors du tournoi, a une médaille d'argent pour le prouver. Sa nouvelle fierté. Certains collègues de classe l'ont félicité. D'autres la respectent davantage.

La membre des Voyageurs de Gatineau pee-wee A ne cache pas son sourire lorsqu'on lui dit qu'une équipe composée uniquement de filles a failli causer la plus grande surprise du tournoi.

«Plusieurs disent que les gars sont plus forts, ont une meilleure vision du jeu. Mais nous les filles, on joue plus en équipe. C'est là que notre confiance vient. On a tous joué contre des gars. On sait comment ils pensent. Mais eux non. Ils ne se concentrent pas sur les filles, sur comment on joue.»

«Quand ils perdaient, ils n'étaient pas seulement tristes d'avoir perdus. Ils l'étaient encore plus, car c'était comme des filles. Je crois qu'on leur a montré que les filles aussi savent jouer au hockey», conclut fièrement Laurence.

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