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Soccer

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15 août 2018

Antony Da Silva-Casimiro - adasilvacasimiro@lexismedia.ca

De l’Afrique au FC Gatineau

Serafin Dikenketa

©Photo Le Gatineau Express - Antony Da Silva-Casimiro - Info07

SOCCER. Sa famille a d’abord fui la guerre au Congo, puis ç’a été la discrimination en Afrique du Sud. Quand les Dikenteka ont mis cap sur le Canada, c’était pour une terre d’opportunités. Et l’aîné de la famille, Serafin, y voit justement une chance de percer dans l’univers du ballon rond.

Le jeune homme de 22 ans le reconnaît: on ne pense pas à un pays nordique quand on rêve de devenir joueur de soccer professionnel. Surtout pas lorsqu’on a grandi dans un continent où ce sport – appelé football – est roi.

Mais le latéral droit du FC Gatineau n’abandonne pas si facilement. Bien que plusieurs aient tenté de le décourager dans ses tentatives, il a continué de persévérer.

«Quand on a déménagé, ma mère, mes quatre frères plus jeunes et moi, c’était pour l’école. L’objectif était que je finisse mes cours, mais moi, je regardais pour les équipes de soccer. J’ai cogné à plusieurs portes closes.»

Serafin, 22 ans, a dû attendre tout un été et un hiver avant de pouvoir faire ses preuves. L’an dernier, il a réussi à se tailler une place avec l’équipe première du FC Gatineau dès sa première tentative. Une saison folle qui s’est soldée par une nomination comme Joueur du match ainsi qu’un duel contre l’équipe nationale espoir de Haïti.

«Ça, personne ne pourra me l’enlever. Tout ça ne serait jamais arrivé, si j’avais abandonné. Quand les gens viennent ici, c’est pour avoir la chance d’avoir un travail ou d’aller à l’école. Moi, j’ai saisi l’opportunité de devenir joueur de soccer professionnel. Je n’ai jamais arrêté de croire en mon rêve, même si je suis venu au Canada.»

Persévérance, sacrifices et foi

La vie de Serafin Dikenketa n’a pas été facile. Sa famille a vécu la guerre au Congo, son pays natal. Heureusement pour le principal intéressé, il n’en a conservé aucun souvenir. En grandissant en Afrique du Sud, il a eu la chance de côtoyer Ndaye Mutumbula, un ami de la famille, qui est une légende du ballon rond au Congo.

Il n’a cependant pas eu le droit à un traitement de faveur. Étant un immigrant, il a été victime de discrimination. Et ce n’est pas avec le soccer qu’il a trouvé une échappatoire.

Malgré son potentiel, on préférait choisir des Sud-Africains qu’un «étranger» comme lui, ne pouvant ainsi monter avec les équipes professionnelles, raconte-t-il en entrevue.

«Je me suis remis en question plusieurs fois. Mais je savais que j’étais capable de percer. J’ai persévéré, j’ai fait des sacrifices et j’ai continué à garder foi en Dieu. C’est le chemin dans lequel je suis», ajoute Serafin, un grand croyant religieux.

Tomber au Canada, ce pays enneigé et complètement anglophone  – ce qu’il croyait – ne pouvait donc pas être une si mauvaise chose. Là-bas, on lui donnerait une vraie chance.

Et si ça ne fonctionne pas, il y a toujours le plan B: devenir infirmer. «J’ai besoin de bouger et d’aider les gens. Je ne serais pas capable de rester assis devant un écran, à détester mon travail.»

Ce polyglote – Serafin parle sept langues – ambitieux ne cache pas qu’il a des objectifs encore plus grands que dribbler le ballon sur les gazons québécois. Il envisage d’ici cinq ans d’évoluer avec un club pro et de recevoir un appel pour jouer avec une équipe nationale, que ce soit le Congo ou le Canada, sa terre adoptive.

«Je vais faire du bruit. Les gens parleront de moi dans le futur, à un point tel qu’ils se demanderont, mais c’est qui ce jeune-là. C’est qui ce Serafin? Un jour, je serai pro.»

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