Carrières Classées Édition Électronique

Recherche

Recherche par terme

Journaliste

Date de parution

_

Catégories

Actualités

Retour

04 Septembre 2018

Louis-Charles Poulin - lcpoulin@lexismedia.ca

«Les abeilles ont besoin de leur apiculteur pour vivre»

©La Petite-Nation - Louis-Charles Poulin

Éric Lajoie est apiculteur à Papineauville depuis une vingtaine d’années.

MIEL. Éric Lajoie, apiculteur à Papineauville, affirme que la récolte de miel a été supérieure à la moyenne cet été, alors qu’il s’apprête à fermer ses ruches pour l’hiver.

Éric Lajoie est propriétaire de son propre rucher à Papineauville depuis 2000, soit depuis qu’il a pris la relève de son voisin à la retraite, Jean-Marie Petit, qui a œuvré dans ce domaine pendant trois décennies. Enseignant de formation, M. Lajoie a fait ses premiers pas en apiculture en aidant son voisin pendant ses étés de congé. «Je lui donnais un petit coup de main de temps en temps. J’ai commencé à aimer ça et j’ai eu la piqûre comme on dit!» Plus précisément, il évalue recevoir entre 5 et 20 piqûres d’abeilles quotidiennement en exerçant son métier, ajoute en riant celui qui a délaissé l’enseignement pour se consacrer pleinement à l’apiculture. «C’est un travail exigeant, mais j’aime travailler pour moi et avec la nature.»

Avec environ 240 ruches, il estime être l’apiculteur qui en possède le plus dans la MRC de Papineau. «Je suis le plus gros employeur de la Petite-Nation. J’ai 10 millions d’ouvrières à mon service», dit-il à la blague. D’un air plus sérieux, il indique avoir environ 10 millions d’abeilles dans ses ruches, mais en perdre environ 15 à 20 % en moyenne par année et parfois plus. «L’hiver passé, il y a plusieurs apiculteurs qui ont perdu 45 à 50% de leurs abeilles. On est vraiment à la merci de dame nature. Le climat est tellement changeant et imprévisible. Les tulipes fleurissent en décembre et la neige tombe à la fin mars. Les abeilles sont mélangées et ne savent plus quoi faire à quel moment.»

Abeilles

©La Petite-Nation - Louis-Charles Poulin

En tant qu’apiculteur, M. Lajoie explique que son rôle est de prendre soin des abeilles, entre autres, en leur donnant des traitements contre les parasites, en les nourrissant durant l’hiver et en s’assurant que leur environnement est propice à la production de miel. «Avant l’apiculteur avait besoin de ses abeilles pour vivre. Maintenant c’est rendu l’inverse, les abeilles ont besoin de leur apiculteur pour vivre», dit-il en raison de l’évolution du climat et des parasites. «En apiculture, il faut être prêt à subir des chocs. Ce n’est pas stable. Il y a des années où je peux faire 150 lbs de miel par ruche et d’autres où je peux en faire seulement 70 lbs par ruche», mentionne-t-il en ajoutant qu’heureusement le miel n’a pas de date de péremption.

M. Lajoie remarque que plusieurs souhaitent aider les abeilles et s’improvisent apiculteurs en s’installant des ruches dans le fond de leur cour. «Ils ont une bonne volonté en voulant aider à la survie de l’espèce, mais malheureusement ces gens-là ne savent pas vraiment quoi faire avec leurs abeilles. Souvent, ils ne font qu’aider les maladies et les parasites à se propager», affirme celui qui indique que bien qu’il n’ait pas réellement de formation scolaire reconnue pour exercer ce métier, on ne devient pas apiculteur après avoir visionné quelques vidéos sur YouTube.  «Mon voisin m’a appris tout ce qu’il connaissait, mais j’en apprends encore même après 20 ans de métier. Ç’a changé beaucoup aussi dans les dernières années», reconnait celui qui espère à sa retraite pouvoir transmettre son savoir-faire et son entreprise à un jeune apiculteur.

apiculture

©La Petite-Nation - Louis-Charles Poulin

Pour aider à la survie des abeilles, M. Lajoie demande aux agriculteurs d’être prudents concernant ce qu’ils plantent et les produits qu’ils utilisent, ainsi que lors de la tonte de leurs champs pour ne pas tuer les abeilles. «S’ils coupaient leur foin tôt le matin, ça ferait en sorte que les abeilles ne seraient pas partout dans leurs champs à ce moment-là.» De plus, il aimerait bien que la MRC de Papineau s’occupe de gérer les emplacements de ruchers pour s’assurer qu’ils soient tous à plus de 5 km de distance. «L’objectif serait d’empêcher que les pathogènes possibles se transmettent entre les ruches. Il y a des apiculteurs de l’extérieur de la région, Intermiel pour ne pas le nommer, qui viennent installer des ruches un peu partout sans même demander ou s’informer s’il y en a d’autres à proximité.»

Pour finir, M. Lajoie informe que plusieurs sortes de miel sont présentement disponibles à la boutique de son rucher au 2782, route 148 à Papineauville.

 

Politique d'utilisation Politique de confidentialité

Agence Web - Caméléon Média