Raymond Ouimet décortique la passion menant au crime

Daniel LeBlanc daniel.leblanc@tc.tc
Publié le 24 février 2010
Raymond Ouimet espère que les gens voudront en savoir plus sur les crimes passionnels survenus en Outaouais. (Photo: Daniel LeBlanc)

Alors que le débat sur la peine de mort est encore bien vivant de nos jours, on retrouve depuis mercredi sur les tablettes des librairies le tout nouveau livre de l’auteur et historien Raymond Ouimet, intitulé Crimes, mystères et passions oubliés.

On le sait, l’amour n’est pas toujours éternel et peut mener à la haine, voire la mort. À travers les 255 pages de son plus récent ouvrage publié aux Éditions Vents d’Ouest, l’auteur relate et analyse à sa façon cinq histoires passionnelles qui ont marqué l’histoire en Outaouais et dans les Laurentides, mais dont on a relativement peu parlé. «Je n’ai pas voulu faire un pamphlet ni un essai, mais tout simplement raconter les faits avec ma vision des choses», affirme-t-il.

Estimant que son livre plaira aux mordus de romans policiers, d’histoire et de criminologie dans son ensemble, le président du Centre régional d’archives de l’Outaouais (CRAO) replonge dans le passé en nous racontant des cas survenus à Hull, Lachute, dans les Hautes-Laurentides et dans la Petite-Nation.

Dans le lot, il y a l’histoire de Stanislas Lacroix, qui dans un excès de folie et de jalousie a froidement tué son épouse et un vieillard au tout début du 20e siècle, avant d’être pendu devant public en 1902. L’écrivain décortique aussi la légende d’Amédée Papineau, fils du bien connu homme politique et avocat Louis-Joseph Papineau. Considéré comme l’un des lus grands intellectuels du pays, Amédée est mort en 1903 dans des circonstances troubles et on a toujours soupçonné un empoisonnement. Rumeur fondée ou non? Raymond Ouimet a sa propre théorie…

Les trois autres histoires étalées au grand jour par Raymond Ouimet sont celles d’Édouard Thomas, du couple d’amants formé de Philibert Lefebvre et Marie Beaulne ainsi que des enfants Raymond, assassinés par empoisonnement… à la suite d’une erreur. Des histoires bien réelles qui captiveront l’attention et la curiosité, espère l’auteur. «Comment peut-on s’intéresser aux Al Capone de ce monde quand on n’est même pas au courant de ce qui s’est passé dans notre propre région ou province?», laisse-t-il tomber.

M. Ouimet décrit également son livre comme un plaidoyer contre la peine de mort, abolie depuis 35 ans au Canada. Il n’en croyait d’ailleurs pas ses yeux il y a quelques semaines lorsqu’il a pris connaissance des résultats d’un sondage de la firme Angus Reid révélant que 69% des Québécois sont en faveur du rétablissement de la peine capitale pour les meurtriers. «Est-ce qu’on peut régler un crime en reproduisant le même crime?», questionne-t-il. Au fond, il se demande si la revanche a vraiment des effets positifs, un peu comme le fait le long métrage québécois Les 7 jours du talion, sorti en salles le 5 février.

Il ne cache toutefois pas qu’une bonne part de laxisme règne au sein de la population d’aujourd’hui par rapport au système judiciaire. «L’application des peines se fait dans une quasi désinvolture inacceptable, oui, sauf que de là à passer à l’exécution de quelqu’un, c’est une autre paire de manches», affirme-t-il.

Selon le Gatinois, nombreux sont les facteurs qui contribuent à ce que les gens aient une opinion aussi radicale, dont le manque d’information. «Aujourd’hui, les gens se font une idée d’un crime en lisant un texte de 50 lignes dans le journal ou en visionnant un reportage à la télévision. Ils n’ont pas tous les instruments pour bien comprendre», dit-il. «Il ne faut pas non plus cacher qu’on a un système de justice à deux vitesses. Il y a les riches et les pauvres. Ceux qui ont les moyens de se payer un bon avocat ont plus de chances de bien s’en sortir», pense-t-il.

«Je poserais au moins trois questions aux gens en faveur de la peine de mort. Si l’un de leurs enfants était un criminel, auraient-ils la même opinion? Seraient-ils prêts à assister à une exécution? Seraient-ils prêts à être bourreau ou conjoint d’un bourreau? S’ils répondent non à l’une de ces questions, alors ce n’est pas leur vraie opinion», lance M. Ouimet.

Celui qui a aussi écrit La mystérieuse affaire Babin: une énigme enfin résolue et Hull: mémoire vive n’a pas aussitôt accouché de son dernier livre qu’il mijote déjà d’autres projets, dont un qu’il a bien hâte de concrétiser. «C’est un projet fabuleux, mais je ne veux pas en dire plus pour l’instant», conclut-il.

Raymond Ouimet sera au 31e Salon du livre de l’Outaouais (SLO) aux stands des Éditions Vents d’Ouest et de l’Association des auteurs et auteures de l’Outaouais.