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Les mille et un projets de Daniel Coutu


Publié le 2 novembre 2017

Daniel Coutu

©Photo Gracieuseté

PORTRAIT CULTUREL. Avec la collaboration de Culture Outaouais, TC Média vous propose de découvrir le portrait d’un créateur ou d’un organisme qui fait bouger la culture d’ici !

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On pourrait donner plusieurs titres à Daniel Coutu, que l’on connaît notamment en tant que magicien. «Je n’aime pas l’idée quand on est un artiste d’avoir une étiquette. À la base, je me définis surtout comme un créateur. Oui je suis magicien, mais la magie c’est juste un outil dans le coffre à outils», confie-t-il, lorsque nous sommes allés à sa rencontre à Gatineau, lui qui souhaite continuer à habiter ici, plutôt qu’à Montréal.

Je me suis aperçu non seulement que je voulais faire de la magie, mais aussi que pour moi la jeunesse c’était important.

Daniel Coutu

Daniel Coutu carbure aux projets variés. Père de famille, à la tête de Production Prestigo, animateur, créateur, magicien, ils portent de nombreux chapeaux au quotidien. «Je ne vais jamais m’empêcher de faire un projet artistique», poursuit-il.

Que ce soit l’animation, la chanson et l’écriture - on lui doit entre autres Château de sable. Château de sacs écrite pendant les inondations - Daniel Coutu a bien l’intention de continuer de s’investir dans toutes ces sphères. «Le seul choix que j’ai à faire en ce moment, c’est que je choisisse pour la prochaine année ce à quoi j’ai le goût de mettre le plus de temps.»

Créateur curieux

L’étincelle qui scintille encore quand il parle de ses projets est d’abord venue quand il était encore enfant. «Le mot-clé quand j’étais petit c’était curiosité et émerveillement. Encore aujourd’hui ça me suis, ça fait partie de mon ADN. C’est un peu pour cela que je suis devenu magicien, je m’émerveille facilement et je voulais recréer cette émotion-là chez les gens.»

C’est vers sept ans qu’il a eu ses premiers contacts avec la magie. C’est alors qu’il avait 12 ou 13 ans que son intérêt s’est réellement concrétisé, après avoir vu un magicien professionnel à l’œuvre. À ce moment, c’était clair, il voulait faire la même chose. Tout au long de son secondaire, il a donc continué la magie, mais aussi l’animation. Son projet personnel en cinquième secondaire aura été un tournant important pour la suite. «C’est ce qui a été le gros déclencheur de ma carrière professionnelle», confie-t-il.

Il y fait son premier one-man-show. Enchaînant les contrats dans les fêtes d’enfants, il a su qu’il pourrait en vivre, se rappelle l’artiste de Gatineau. Il s’est donc inscrit en administration, pour en apprendre un peu plus sur cet aspect. Et vient l’opportunité de participer à un spectacle avec Nathalie Choquette. Il prend une année sabbatique de l’école et se lance à fond dans l’aventure.

C’est à la suite de ce projet que le spectacle Science ou magie a vu le jour, lui qui a eu le flash au détour d’une conversation avec une conseillère pédagogique lors d’une fête d’enfants. «Je me suis aperçu non seulement que je voulais faire de la magie, mais aussi que pour moi la jeunesse c’était important», confie-t-il.

Malgré ses 18 ans à peine à ce moment-là, il savait d’ores et déjà que son art irait plus loin que la magie. «Je savais qu’un des facteurs de mon bonheur serait oui, qu’on me voit en spectacle, mais de pouvoir retransmettre quelque chose.»

Il n’en fallait pas plus pour que Daniel Coutu fasse un prêt de 10 000$ pour se lancer dans cette aventure. En un an, il avait fait plus de 150 spectacles de Science ou magie. «La science, en partant, c’est la discipline dans laquelle il faut trouver des réponses à ce qu’on ne comprend pas. La magie au final, c’est d’assister à un phénomène qu’on ne comprend pas», explique-t-il.

En mêlant les deux, il pouvait non seulement provoquer l’émerveillement, mais aussi en faire connaître davantage aux enfants. «On peut toucher les gens. Je me sers de cette fenêtre-là, privilégiée, pour transmettre des connaissances au niveau de la science.»

Depuis ses débuts, il estime à plus de 1000 le nombre de représentations de ces trois spectacles combinés, lui qui après le succès du premier, en a créé deux autres. Il a donc côtoyé au-delà de 600 000 enfants, lance-t-il approximativement.

Des projets plein la tête

Y aura-t-il un Science ou magie 4? Sans doute pas. Mais il remplit le carnet d’idées pour un éventuel quatrième spectacle. «Je suis dans une période exploratoire, j’ai le goût de faire plein d’affaires.»

Et ce n’est pas que sur scène qu’il veut continuer à varier les possibilités. «Mon trip serait de faire un film», confie-t-il. Il caresse le rêve de mener un jour ce projet à terme.

En attendant, il a déjà beaucoup de créations derrière la cravate. Au fil des années, le Gatinois aux multiples idées a développé de nombreux projets. Que l’on pense au livre Tadam dans lequel on retrouve douze tours de magie tirés de l’émission de télévision Par ici la magie. Un jeu dérivé de l’émission a aussi vu le jour.

D’ailleurs, le projet télé est arrivé parce qu’il avait d’abord une nouvelle idée de projets. Après avoir terminée le cycle de vente normal des DVD J’apprends la magie, il a voulu trouver une nouvelle manière de transmettre des connaissances. «Je me demandais comment on pourrait faire en sorte que ce contenu-là puisse rejoindre le plus d’enfants possible.»

Il a pensé à un partenariat avec la zone jeunesse de Radio-Canada. Il pensait d’abord à des capsules sur le web. Mais on lui a plutôt offert de lancer une nouvelle sériée télévisée. «On avait jamais fait cela, se rappelle-t-il. On avait produit des DVD mais ce n’est pas du tout la même chose. J’ai donc appris à devenir producteur télé.»

Parce que c’est avec son équipe des Productions Prestigo, qu’il a mis sur pied il y a plusieurs années, qu’il a développé le tout. Au-delà de Daniel Coutu, toute une équipe gravite dans son entreprise à vocation culturelle qui produit, fait la promotion et met en marché du contenu éducatif et divertissant. Ils travaillent notamment avec d’autres artistes, comme Yan Imbault, Bill Bestiole et Kalimba. «C’est la même recette, c’est d’utiliser les arts pour transmettre des connaissances», détaille-t-il.

Maintenant, avec ce chapeau de producteur, il a aussi comme objectif de produire des émissions de télévision à partir des projets qui sont montés par son entreprise, les Productions Prestigo.

Homme de projets, Daniel Coutu porte aussi le chapeau d’animateur, qu’il affectionne particulièrement, lui qui occupe notamment ces fonctions avec l’émission Code Max. Il entend bien faire d’autres animations dans le futur.

«Ma vie est un projet», poursuit celui qui a toujours des idées plein la tête. Parmi ses rêves? «J’ai des grandes aspirations de pouvoir exporter ce qu’on fait. Pas nécessairement moi et mes spectacles. (…) Je veux créer des projets qui eux vont voyager. Je veux offrir la culture aux enfants de la façon la plus accessible possible.»

Et parce que rien n’arrête Daniel Coutu, on a aussi pu le voir à l’émission Les dieux de la danse, avec une autre gatinoise, Ariane Gauthier. Le duo poursuit d’ailleurs son chemin à la prochaine étape.

Chose certaine, Daniel Coutu continuera de plonger à plein régime dans tout ce qu’il entreprend. «Mon bonheur, c’est d’avoir une variété de possibilités, poursuit le créateur. Ce que je me rends compte, ce n’est pas que je manque d’ambition, mais je suis un gars de bucket list. Je suis surtout un gars de projets», conclut-il.

Quelques réalisations

J’apprends la magie

Série DVD lancé en 2010 et qui compte quatre volumes

Tadam

Livre de tours de magie et ressource psychoéducative

Code Max

Émission jeunesse animée depuis 2015 par Daniel Coutu.

Château de sable. Château de sacs.

Chanson écrite pendant la période des inondations au printemps

Daniel Coutu est en spectacle le 6 mai prochain, à la Salle Odyssée.