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Les muses orphelines dans l’œil de Kira Ehlers

Au Théâtre de l’Île


Publié le 23 janvier 2018

Les Muses orphelines a été joué dans plusieurs pays et cette fois-ci, c’est au Théâtre de l’Île que l’histoire sera racontée.

©Mathieu Girard

Sous le regard de la metteure en scène gatinoise Kira Ehlers, la pièce phare de Michel Marc Bouchard Les muses orphelines prendra vie au Théâtre de l’Île, dès le 24 janvier. 

La réputation de cette pièce n’est plus à faire, elle qui a été traduite dans plusieurs langues, du japonais à l’espagnol en passant par le roumain ou le tchèque.

Le drame familial prend place dans le petit village de Saint-Ludger, au Saguenay. La famille Tanguay est composée de trois sœurs et un frère. La benjamine Isabelle convie les trois autres à une rencontre à la résidence familiale sous prétexte que leur mère veut les voir.

Le reste de la fratrie répond présent à la convocation de celle à qui ses frères et sœurs avait pourtant fait croire vingt ans plus tôt, pour la protéger, que leur mère était morte.  Le voile risque de se lever sur les secrets de famille, au fil des discussions.

«C’est une histoire de famille qui peut arriver à tout le monde, c’est tellement réaliste, lance d’entrée de jeu la metteure en scène. C’est peut-être ça qui est venu me chercher. Le manque d’amour de ces personnes.»

Abandonnés par leur mère, ils ont dû se débrouiller par eux-mêmes à un très jeune âge. L’histoire, rappelons-le, se déroule en 1965, à une époque où les outils n’étaient pas les mêmes.

Ressentir des émotions

Comme plusieurs personnes, Kira Ehlers a rapidement apprécié le texte de Michel Marc Bouchard lorsqu’elle l’a vu au théâtre pour une première fois, il y a plus de vingt ans.

Son premier contact avec cette pièce s’est fait alors qu’elle débutait ses études en théâtre, à l’Université d’Ottawa. Elle devait assister à un événement théâtral pour développer son sens critique. C’était au milieu des années 1990. «J’ai été complètement bouche bée par la beauté du texte et des mots», confie-t-elle.

Bien qu’elle ait déjà vu la pièce, pas question de jouer le jeu de la comparaison quand est venu le temps de faire la mise en scène de la pièce pour le Théâtre de l’Île. «Quand je vais voir un spectacle, je deviens spectatrice.»

Même chose quand elle monte une pièce de théâtre. Peu importe qu’elle l’aille vu auparavant ou pas, elle souhaite plutôt y amener sa vision. «Chaque metteur en scène a sa vision, chaque metteur en scène a lu le texte à sa façon. On a tous nos façon de travailler, notre langage.»

Elle ne se met donc pas de pression à ce niveau. «Ce que je veux faire, c’est plaire au public. Je veux que le public sorte de la salle et se dise: wow! Je veux qu’il ressente quelque chose.»
La justesse du texte de Michel Marc Bouchard a facilité la tâche lors de la mise en scène, convient-elle. «Le texte est déjà très juste. Moi, je fais le chef d’orchestre, je lis la partition et je la partage avec les musiciens. On a juste à écouter les notes et ça va bien aller», image-t-elle.

Et pour elle, il n’était pas question d’amplifier le drame raconté. Elle misait plutôt sur la vérité et sur l’émotion. «On a travaillé de façon assez ardue pour analyser et décortiquer les émotions que vivent les quatre protagonistes, note la metteure en scène. On a voulu bien saisir leur passé. Après vingt ans, ça les hante encore, et ils vivent avec la blessure différemment.»

L’abandon est palpable tant dans les textes que la scénographie et les décors, précise Kira Elhers.

Et pour toucher son public, elle dit pouvoir compter sur une équipe de comédien chevronné, alors Maxine Turcotte, Magali Lemèle, Alexandre David Gagnon et Frédérique Thérien composeront la fratrie.

Du 24 janvier au 24 février, au Théâtre de l’Île. Billets au 819 243-800.