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Le périple de Dave Leduc raconté


Publié le 7 novembre 2017

DOCUMENTAIRE. Les images ont défilé devant lui.  Ça lui a ressassé des souvenirs. Mais le documentaire La fosse aux tigres a surtout illustré à quel point la vie de Dave Leduc a changé du tout au tout il y a deux ans.

Le champion mondial de lethwei – aussi connu sous le nom de boxe birmane – a eu la chance de revoir le chemin parcouru depuis qu'il a quitté son patelin.

Il y a tellement de choses qui se sont passés. Ce n'était pas prévu. Finalement, ils m'ont suivi jusqu'à mon combat de championnat du monde il y a un an.

Dave Leduc

«Ça donne tout un choc de voir ça», a déclaré Leduc qui a eu la chance de le voir en primeur alors que le documentaire monté par Nish Média sera disponible au grand public ce jeudi à 20h à Canal-D.

«J'étais gérant dans un bar. C'est sûr que je m'ennuie de mon entraîneur, de ma famille, de mes amis, mais je n'ai pas de regret. J'aime ma vie. J'ai rencontré ma femme. Je suis devenu champion du monde en boxe birmane. Ç'a été un changement à 360°», a indiqué le Gatinois de 26 ans qui se retrouvait aux Philippines lors de l'entrevue téléphonique, tard lundi soir.

Le documentaire de 45 minutes a permis de capturer les images les plus importantes de la vie de celui surnommé le Nomade. Le plan initial du film a d'ailleurs changé en cours de route.

Ça devait au départ servir de capturer des images de la Prison Fight, un affrontement qui allait opposer Leduc à un prisonnier d'un prison à sécurité maximale Il s'agissait d'une deuxième fois pour le combattant gatinois qui avait été approché pour un documentaire. Mais la seconde expérience en prison n'a jamais eu lieu.

Au final, le hasard a bien fait les choses. Quelques temps après, on l'a invité pour qu'il se batte au Myanmar pour un combat de lethwei. Le principal intéressé a vite découvert qu'il s'agissait du sport le plus violent de la planète où tous les coups sont permis et la victoire peut seulement être acquise par KO. Pas de pointage des juges.

L'équipe de caméras l'a alors suivi dans ce pays qui n'était pas le plus ouvert aux touristes à l'époque. C'est là qu'a commencé l'ascension de Dave Leduc vers le sommet, la gloire, réécrivant l'histoire de la boxe birmane en devenant le premier non-birman à ravir le titre, parlant au passage des sacrifices qu'il fait en devant abandonner tout ce qu'il connaît.

«Il y a tellement de choses qui se sont passés. Ce n'était pas prévu. Finalement, ils m'ont suivi jusqu'à mon combat de championnat du monde il y a un an», a souligné le protégé de Patrick Marcil qui a fait trois autres combats depuis à Tokyo, au Japon, la mecque des arts martiaux.

«On m'a suivi au Canada, deux fois en Thaïlande et au Myanmar. La capture de vue, les angles, tout ça c'est vraiment beau. C'est pas mal cool une équipe qui suit tes faits et gestes et qui immortalisent des moments aussi importants», a ajouté celui qui, un an après La fosse aux Tigres, se prépare pour un autre championnat du monde en décembre.

C'est l'événement de lethwei le plus attendu. Et surtout qui porte poisse pour les champions.

Depuis sa création en 2014, jamais le détenteur du titre n'a réussi à garder la ceinture dorée plus qu'un an. C'est la kryptonite des champions, comme l'affirme Dave Leduc.

«Je veux briser cette malédiction. Je suis devenu le premier boxeur non-birman à gagner la ceinture. Je veux être le premier à la garder», a-t-il mentionné alors que l'identité de son adversaire n'est toujours pas 100% confirmé.

Dans les derniers mois, ses opposants ont tous défilé, trouvant des excuses pour ne pas se mesurer à Leduc, une brute sur le ring. Il devait même se battre la semaine prochaine, mais encore une fois, le combat a été annulé.

«Quand tout est permis, il n'y a pas beaucoup qui ont les couilles de monter dans le ring», a conclu l'homme de 6'2 qui reviendra dans la région pour le temps des Fêtes.