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Le «beau prix» de consolation pour Moncion-Groulx


Publié le 11 janvier 2018

©Haag Fotografie

SKI DE FOND. Il visait une place sur l'équipe olympique et un billet pour PyeongChang, en Asie. Au final, ce sera deux arrêts en Europe qui attendent Dominique Moncion-Groulx.

Le fondeur de 24 ans concourra en Coupe du monde pour la première fois de sa carrière. D'abord ce week-end, à Dresden, en Allemagne et à la fin du mois, en Slovénie.

Bien qu'il souhaitait courir sous les couleurs du Canada en février sur la scène internationale, le produit du club Nakkertok ne se plaint pas de cette opportunité qu'on lui a offerte le 6 janvier dernier.

«C'est un très beau prix de consolation. Tout mon entourage m'en parle depuis quelques jours déjà. Il y avait une possibilité que j'y aille, mais je n'y pensais pas. Je me concentrais sur la sélection olympique en premier», a indiqué le principal intéressé qui était en route pour l'aéroport où un vol l'attendait pour le Vieux-Continent.

Il ne restait qu'une place sur l'équipe nationale de sprint. Ils étaient une dizaine d'athlètes à se battre pour ce poste, devant soit gagner les qualifications ou les rondes finales à Mont Sainte-Anne sur le parcours classique. Bien qu'il ait connu une course solide, Moncion-Groulx devait réaliser une performance exceptionnelle pour espérer pouvoir être retenu aux côtés d'Alex Harvey et autres gros noms du ski de fond.

De son propre aveu, il admet avoir ressenti une légère déception, lui qui s'entraînait depuis ce printemps pour atteindre cet objectif. L'année auparavant, il avait justement ravi les grands honneurs au sprint classique.

«J'ai bien couru, mais je n'ai pas skié à mon plein potentiel. J'ai fait quelques erreurs tactiques. Le parcours avait des montées abruptes et je ne m'étais pas beaucoup pratiqué là-dessus. J'ai dû faire des ajustements la veille. Ce n'était pas l'idéal.»

«Mais je croyais fortement à mes chances. C'était un objectif ambitieux, mais réaliste. Tout devait fonctionner à la perfection pour que ça arrive. Ç'a été une bonne journée, mais pas une exceptionnelle», a ajouté Moncion-Groulx qui a déménagé plusieurs fois dans sa jeune carrière afin de pouvoir s'entraîner.

Reste qu'une belle surprise l'attendait. Le lendemain matin en regardant ses courriels, un d'entre eux provenait de la fédération nationale: une invitation à concourir en Coupe du monde. Il devait donner sa réponse rapidement. Il n'a pas hésité une seconde.

Au départ, Ski de fond Canada ne prévoyait pas envoyer une délégation à ces Coupes du monde. Les dirigeants ont changé leur fusil d'épaule. Le natif d'Aylmer se réjouit de ce revirement de situation. À ses yeux, l'Europe, c'est la place pour les compétitions internationales là où la crème de la crème s'affronte.

«Je n'y pensais pas à ces Coupes du monde. En allant au Mont Sainte-Anne, je savais qu'il y avait une possibilité que je ne retourne pas à Gatineau ou à Canmore (où il s'entraîne). Pour moi, c'est un gros plus pour ma carrière de pouvoir aller en Europe», a indiqué Moncion-Groulx qui avait dû faire une croix sur sa rentrée sur le circuit l'an dernier après être tombé malade.

Les prochaines heures seront chargées. Les autres fondeurs et lui voleront de nuit pour atterrir en Allemagne en fin de soirée jeudi. Le lendemain, ils défileront sur les pistes pour s'entraîner en vue d'une première course samedi.

Dominique Moncion-Groulx ne veut pas se mettre trop de pression sur les épaules afin d'obtenir de bons résultats, mais il aimerait bien revenir avec un top 30, soit passer la ronde des qualifications en sprint.

À pars Harvey, aucun autre skieur canadien n'a réussi l'exploit cette saison. «C'est ambitieux, je le sais, mais j'aimerais vraiment ça pouvoir le faire», a-t-il conclu.