Brigitte Saint-Aubin raconte la vie à ses enfants… et à nous!

Patrick
Patrick Voyer
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Après son album-tremplin Être sorti il y a trois étés, l'auteure-compositeure-interprète, charmante, mère de deux enfants et profonde Brigitte Saint-Aubin, offre son second album, Les rêves à l'envers, une collection de réflexions existentielles que lui a proposée sa fille de 5 ans sans le savoir… Elle était à Gatineau aujourd'hui pour en parler.

Brigitte a accouché de cet onirisme aux instrumentations archi variées un peu grâce à sa fille, qui ne cessait de lui poser des questions existentielles assez matures pour son âge. Elle s'est donc construit une bulle pendant un an dans laquelle elle se sentait grande et petite à la fois, à la découverte du sens de la vie. «Je ne pouvais pas lui expliquer ce qu'elle voulait savoir, car je ne comprenais pas nécessairement moi-même. Ma fille m'a donc forcée à me positionner pour expliquer de manière ludique toutes ces choses (le rêve, le temps, la vie, la mort). C'est une tranche de vie d'un an, ce qui m'a habitée. Mes amis pensaient que j'étais dépressive, mais non, j'étais heureuse.» «Sur le premier album, il y avait plus d'histoires. Celui-là est plus dans le "mood" réflexion, questionnement. Je raconte de façon simpliste; je n'ai pas peur de la simplicité, même si c'est un but difficile à atteindre», avoue Brigitte.

Dans le fond, Les rêves à l'envers est un équilibre entre le cœur et les neurones, un équilibre entre la nostalgie mélancolique (La Cicatrice) et la résignation humaine et posée (Je ne fais que passer). «Y'a des souvenirs du temps qui passe, de la jeunesse qui quitte quand on sent la puissance de l'éphémère, la jeunesse et la naïveté qui se perd…», philosophe-t-elle. «Les enfants t'aident à te positionner dans une chaîne comme ça. Car on n'est pas tout seul, même si on croit encore qu'il n'y a rien après nous. Mais notre vie est un court passage qui demeure une éternelle jeunesse», ajoute Brigitte.

Pour accompagner ces rêves éveillés, Brigitte tenait à recréer le trip de percussions qu'elle s'était payée lors de sa dernière tournée. Les rythmes des peaux sur Les rêves à l'envers cognent organiquement comme un cœur, à travers des passages ensoleillés aux cordes de guitare et de violon, son instrument préféré. «J'ai une certaine tendance vers la balade, y'a une certaine douceur dans ce que je fais, mais en même temps, j'ai un "tork"…», confie-t-elle. Cette dualité se ressent autant dans les paroles que dans la musique. Comme le caractère consommateur/contradictoire de notre époque qui inhibe le rêve.

Brigitte voulait aussi jouer avec le vent, que les atmosphères soient aériennes pour mieux se poser sur les rythmiques plus tribales. «Dans les claviers aussi il y a beaucoup de vent, dans le piano, dans les guitares planantes…» Le glockenspiel et le xylophone font aussi partie des innombrables machines à sons de ce deuxième opus.

Infos:www.brigittesaintaubin.com
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