Gouvernail tourné vers la réussite pour Jean Castonguay

Daniel LeBlanc
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Empreint d’humilité, cet amant de nature et d’histoire préfère l’ombre à la lumière et souhaite se tenir à distance des éloges. Guide de canot parmi les plus renommés de la région, Jean Castonguay a dirigé les pagayeurs du DGV vers la réussite ultime avec deux buts en tête: plaisir et sécurité.

Grand manitou sur l’eau lors du DGV, Jean Castonguay est tout sauf un pirate. (Photo: Claude Wauthier)

Grand manitou sur l’eau lors de cette expédition de 450 km, l’homme de 48 ans de Chelsea a dirigé une équipe d’une dizaine de guides et assistants-guides, composée entre autres de Jean Marcotte, Martin Lyrette, Mike Langevin, Sylvain Cousineau et Raymond Brunet.

Sa tâche était de prendre les décisions qui s’imposaient sur l’eau de jour en jour afin de mener les 92 pagayeurs à bon port. On peut aujourd’hui conclure que celui qui a vécu l’expérience comme un réel voyageur de l’époque de la Nouvelle-France, dormant à la belle étoile sous son rabaska et enfilant chapeau ainsi que costume, a accompli sa mission.

Propriétaire de l’entreprise Aventure Nord-Ouest, l’enseignant au nouveau programme de tourisme du Collège Heritage n’a pas hésité bien longtemps avant de dire oui à l’invitation de la Fondation du CSSS de Gatineau, il y a plus d’un an et demi. Après que Jean-François Carrey se soit désisté en raison d’un empêchement, l’organisation s’est tournée vers lui.

«J’ai reçu un appel d’Alain Matte (propriétaire de Relais Camp de Base et participant au DGV) et je suis embarqué dès le départ dans le projet. Je dois par contre avouer qu’au départ je croyais qu’il s’agissait d’une expédition Québec-Gatineau voyageur à 100%. Mais j’ai compris par la suite qu’il s’agissait aussi d’une campagne de financement», de dire le principal intéressé, flatté de faire l’objet d’un article dans les pages d’un journal.

Avec sa personnalité appréciée de tous, Jean Castonguay n’a pas mis de temps à savourer le parcours rappelant celui du fondateur de la Vieille capitale, Samuel de Champlain. «Mon travail, comme lorsque je guide mes propres groupes, était que les gens se sentent en sécurité et en retirent du plaisir. Mon bonheur à moi, c’est de voir que les autres sont heureux. Mon fil conducteur, c’est le partage de ma passion, et non pas que ce soit mon principal gagne-pain», lance le père d’Élie, Thomas et Laurianne, tous trois nés avec le plein air dans le sang.

Le Défi en était d’ailleurs un familial pour lui, son fils aîné et son épouse Nathalie ayant pagayé eux aussi pour la cause. Réalisant à quel point l’ambiance était magique, ces deux derniers ont même décidé de prendre part aux deux semaines plutôt qu’à une tel qu’initialement prévu. «Ç’a été magique parce que mon entourage a été plongé dans l’aventure. C’est la première fois que ça se passait ainsi, c’est merveilleux. Je vais pouvoir raconter à mes petits-enfants que j’ai accompli ce Défi, tout comme Élie pourra le faire un jour», affirme-t-il.

Originaire de Chaudière-Appalaches, l’homme a vécu toute son enfance sur une ferme et a pris goût un peu plus tard aux canots et expéditions nautiques. «Ça me vient de mon père, selon moi. Il a toujours aimé faire des choses aventureuses», dit-il. Sa passion n’a pas cessé depuis puisqu’il tient le rôle de guide depuis près de 25 ans, ayant par exemple eu la chance inouïe d’aller au Pôle Nord et dans l’Ouest canadien.

«Il n’y a pas à dire, c’est une réalisation incroyable. Nous sommes à moins d’erreur de ma part les premiers à le faire depuis l’époque de Champlain. En plus, personne n’a abandonné. Quand on remerciait les gens de leur accueil, j’en avais d’intenses frissons. Et dire qu’au tout début, j’avais dit à l’organisation que le niveau de risques était trop élevé à contre-courant» Jean Castonguay

À la fois ravi et surpris de savoir que la majorité des pagayeurs du DGV ont trouvé que l’épreuve était plus facile qu’ils ne l’avaient imaginé sur le plan physique, Jean Castonguay n’en garde que des souvenirs impérissables. «Il n’y a pas à dire, c’est une réalisation incroyable. Nous sommes à moins d’erreur de ma part les premiers à le faire depuis l’époque de Champlain. En plus, personne n’a abandonné. Quand on remerciait les gens de leur accueil, j’en avais d’intenses frissons. Et dire qu’au tout début, j’avais dit à l’organisation que le niveau de risques était trop élevé à contre-courant et qu’il valait mieux pagayer de Gatineau à Québec», indique-t-il, citant les endroits critiques comme le lac St-Pierre et les rapides de la rivière des Prairies.

Confiant avoir vécu un stress énorme par moments à l’idée de gérer au-delà de 75 personnes sur l’eau même s’il n’a jamais perdu le sourire, le guide en chef a pu lâcher un soupir de soulagement à l’arrivée à la marina de Hull. «Ce dimanche, je l’ai pleinement savouré. J’ai de la difficulté avec les tapes dans le dos, alors ce n’était pas avec condescendance, mais avec toute l’humilité que ça mérite», de dire celui qui se décrit comme un homme de principes. «Il faut garder en tête les objectifs et les bons coups. Comme je le répète toujours à mes étudiants, la somme de nos différences égale une équipe gagnante. C’est ma formule», affirme-t-il, disant à la blague ne pas avoir vécu au bon temps.

Jean Castonguay s’est lancé en affaires en 1997 avec à l’époque un différent nom d’entreprise. La première randonnée qu’il avait alors chapeauté était de Québec à Tadoussac avec un groupe d’ados, se rappelle-t-il. En 2000, il a pris la relève de Pierre Desjardins, d’Expédition Eau Vive, entreprise basée au Musée canadien des civilisations. Le bachelier en sciences de l’activité physique de l’Université d’Ottawa se fait référer des groupes de touristes provenant de plusieurs endroits sur le globe, particulièrement de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, et effectue des randonnées en rabaskas teintées de reconstitutions historiques sur la rivière des Outaouais.

Aujourd’hui, pour aucune raison il ne se voit quitter la région. «L’Outaouais, c’est ma région, c’est mon port d’attache», de dire le père de famille. Caresse-t-il le souhait de voir l’un de ses enfants prendre la relève? «Le premier souhait que j’ai, c’est de partager ma passion, qu’ils s’approprient les aspects positifs à leur façon, pas qu’ils prennent ma relève. S’ils le font, tant mieux, mais peu importe ce qui arrive je serai toujours fier d’eux», conclut-il.

Organisations: Aventure Nord-Ouest, Collège Heritage, Fondation du CSSS de Gatineau Originaire de Chaudière-Appalaches Groupe d’ados Musée canadien des civilisations Université d’Ottawa

Lieux géographiques: Chelsea, Québec, Pôle Nord Rapides de la rivière des Prairies Marina de Hull Tadoussac Australie Nouvelle-Zélande

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  • Claude wauthier
    23 août 2011 - 13:17

    Merci Daniel pour ce superbe article sur un homme extraordinaire et charismatique avec qui nous avons tous eu l'honneur de pagayer. Jean est à la fois sympathique, déterminé, généreux et inspirant. Le voyant à tous les jours, portant fièrement son costume m'a profondément motivé à aller au-delà de moi. Peu de participants le savent mais c'est avec la pagaie de Jean que j'ai donné chaque coup de rame dans les eaux de notre fleuve et de nos rivières et j'en suis des plus fier. Il a l'âme d'un grand chef. Merci Jean Castonguay de m'avoir fait vibrer au son de l'eau qui coulait le long de nos canots. Je n'oublierai jamais cette aventure.

    • Elisabeth Duncan
      28 août 2011 - 09:54

      Merci et Bravo à Daniel Leblanc, Tu as su tenir conjointement la pagaie et le stylo pendant les 2 semaines du défi! Chapeau! Les lecteurs de La Revue et info07.com ont pu nous suivre de très près grâce à tous ces articles si bien écrit. Merci aussi aux organisateurs: cette fabuleuse aventure m'a permise, à plusieurs reprises, d'aller au bout de moi-même. Merci à Jean Castonguay de nous avoir si bien guidé de façon sécuritaire et de m'avoir permis de vivre ce périple inoubliable! Merci à tous les pagayeurs pour votre énergie et votre fougue à réussir ce défi! Merci à tous les bénévoles qui nous ont si bien accompagnés. Sans eux, le défi n'aurait pu être le même! Merci à tous mes généreux donateurs qui m'ont permis de dépasser mon objectif! Merci à vous tous de faire désormais parti de ma vie! MERCI!