Remonter à la surface après avoir touché le fond

Marie Pier
Marie Pier Lécuyer
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Célébrant cette année ses 19 ans de sobriété, Jean-Louis a pourtant touché le fond avant de remonter à la surface et de vivre aujourd’hui une vie heureuse et épanouie. Encore impliqué dans le Mouvement des Alcooliques Anonymes (A.A), l’homme à la retraite croit dur comme fer que l’association peut être salutaire lorsqu’un problème de consommation d’alcool nous touche.

Le Mouvement des Alcooliques Anonymes a été salutaire pour Jean-Louis qui est ne touche plus d’alcool depuis maintenant 19 ans.

À l’aube du 39e Congrès de la région Hull-Ottawa, Jean-Louis a raconté une tranche de son vécu. «C’était plus fort que moi, il fallait que je boive, raconte-t-il. Pour être à l’aise en société, je buvais. Pour rencontrer des gens, je buvais. Je ne pouvais pas arrêter ma consommation, j’étais toujours à rechercher le dernier verre, à rechercher des occasions de boire.»

Durant 25 ans, il a consommé de l’alcool sur une base plus que régulière. Il a perdu des emplois, des relations, a dû composer avec certains pépins financiers. Un copain avec qui il buvait a mis fin à ses jours. Sa dépendance à l’alcool a débuté alors qu’il n’avait que 17 ans. «Je n’avais pas confiance en moi et j’avais peur de tout, la vie pour moi c’était une montagne. Quand j’ai découvert l’alcool à 17 ans, ça m’a soulagé, raconte-t-il. Je me sentais bien, je me sentais fort, je me sentais drôle. Le problème, c’est que j’ignorais que l’alcool, c’est progressif, ça peut aller très vite.»

Et un concours de circonstances l’a amené à prendre le chemin de la sobriété. Grand passionné de lecture, il est tombé sur un livre de l’actrice américaine Ali MacGraw dans lequel elle raconte ses déboires avec l’alcool. Il réalise à ce moment qu’il vit sensiblement les mêmes choses, que son histoire lui ressemble. «Je me reconnaissais», avoue-t-il.

À ce moment, il prend la décision d’investir la somme nécessaire pour se rendre à la Maison Jean-Lapointe à Montréal. «C’est un centre où est-ce que le relèvement se fait avec le programme des Alcooliques anonymes», explique Jean-Louis.

Le Mouvement des A.A, ce sont des suggestions pour arriver à changer la façon de penser et d’agir des gens ayant des problèmes de consommation, en plus de moyens d’action pour se libérer de la dépendance. Selon Jean-Louis, l’entraide est à la base du mouvement, puisque tous les gens qui en font parties ont souffert un jour ou l’autre d’un problème de consommation. «Ce n’est pas une thérapie en soi, c’est tiré de l’expérience de tous les alcooliques qui ont vécu ces souffrances-là depuis 1935», précise l’homme.

Le congrès qui se tiendra au Centre Pauline Charron permettra aux participants des A.A mais aussi à ceux qui sont intéressés au mouvement de venir partager, fraterniser et en apprendre un peu plus sur les différents services offerts.

Il invite d’ailleurs les gens ayant un problème de consommation qui veulent se prendre en main de contacter le mouvement des A.A. «Il y a quelqu’un qui va l’écouter et qui va l’amener dans un groupe», explique-t-il.

Selon Jean-Louis, ce n’est pas une recette magique, mais si les gens suivent les étapes de rétablissement et se mettent en action, ils peuvent s’en sortir. «Si je n’ai pas décidé d’arrêter de boire, ça se peut que je rechute», indique-t-il, faisant référence aux gens qui vont aller aux rencontres après y avoir été poussé par quelqu’un de leur entourage. «Souvent ce qu’on a observé dans l’expérience des A.A., c’est que la personne qui va réussir c’est qu’elle a touché le fond. C’est qu’elle est au bout de la corde», ajoute Jean-Louis.

Aujourd’hui, celui qui est sobre depuis près de deux décennies avoue que sa vie a changé du tout au tout depuis sa prise en main. «Je vis honnêtement et ça c’est un grand bonheur pour moi, indique le retraité. Ça a changé ma vie au complet.»

Encore impliqué dans le Mouvement des Alcooliques Anonymes, Jean-Louis affirme que de rester pour une si longue période est totalement volontaire. Aucune carte de membre, aucune liste des participants n’existent à travers le Mouvement qui est présent dans plus de 150 pays et comptant près de deux millions de participants. Les gens sont libres d’y aller quand ils veulent et de partir quand ils le souhaitent. «Moi je décide de continuer car c’est bon pour moi, et puis j’aime ça», conclut-il.

Congrès du Mouvement des Alcooliques Anonymes de la région Hull-Ottawa : 164, rue Jeanne-Mance (Ottawa) – Centre Pauline Charron. Du samedi 4 août à 9h au dimanche 5 août en matinée.

Organisations: Congrès de la région Hull-Ottawa, Centre Pauline, Maison Jean-Lapointe Mouvement des A.A Mouvement des Alcooliques Anonymes

Lieux géographiques: Montréal, Ottawa, Rue Jeanne-Mance

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