Sensibiliser la population à la santé rénale


Publié le 20 mars 2017

Catherine Pouliot est la présidente d’honneur de la 2e Marche du rein de Buckingham.

©Photo TC Media - Louis-Charles Poulin

SANTÉ. L’assistante-infirmière-chef en hémodialyse à l’Hôpital de Papineau, Catherine Pouliot, profite du Mois de la santé rénale pour rappeler à la population l’importance de prendre soin de ses reins.

«Il n’y a pas beaucoup de symptômes, donc quand on se ramasse à l’hôpital c’est que c’est déjà assez grave. Avec le Mois de la santé rénale, c’est important d’en parler pour informer les gens et qu’ils puissent agir le plus vite possible», croit Mme Pouliot qui explique que l’insuffisance rénale est liée dans 38 % des cas au diabète et dans 14 % des cas à des troubles rénovasculaires comme l’hypertension. «Il faut contrôler son sucre et sa pression. Avec une prise de sang demandée par le médecin de famille, on est capable de détecter s’il y a un problème», mentionne celle qui encourage la population à effectuer un suivi médical, minimum une fois aux deux ans. 

Avec une prise de sang demandée par le médecin de famille, on est capable de détecter s’il y a un problème -Catherine Pouliot

Mme Pouliot a aidé à l’implantation de l’unité satellite d’hémodialyse il y a trois ans. Elle indique que 18 patients provenant du secteur et de la Petite-Nation viennent trois fois par semaine pendant quatre heures pour ce traitement servant à filtrer le sang. «C’est difficile pour ces gens-là, puisqu’il y a aussi beaucoup de contraintes liées au transport pour eux. Certains sont vraiment affaiblis et ne peuvent conduire une voiture. Même si les reins ne fonctionnent plus du tout, on est capable de continuer à vivre en faisant de l’hémodialyse trois fois par semaine», dit-elle en précisant que le coût de ce traitement est de 92 000 $ par patient annuellement.

Afin d’éviter que les gens se rendent jusqu’à la dialyse, l’hôpital de Buckingham a récemment mis sur pied une clinique de néphrologie. «On essaie de faire de l’enseignement et de soutenir les gens dès le début de la maladie rénale pour éviter que ça se dégrade et qu’ils viennent en hémodialyse», dit-elle en précisant que cette clinique utilise divers outils pédagogiques fournis par la Fondation canadienne du rein. Selon les statistiques de la fondation, un Canadien sur dix est atteint d’insuffisance rénale et environ la moitié sont âgés de moins de 65 ans.

Elle fait savoir qu’il y a aussi l’option de la greffe d’un rein qui peut régler la maladie, mais que le temps d’attente médian pour une transplantation est de quatre ans. «C’est quatre années de dialyse et où notre vie est complètement chamboulée», mentionne celle dont un membre de la famille a eu recours à la dialyse péritonéale et à une greffe rénale. 

Mme Pouliot a accepté d’être la présidente d’honneur de la 2e Marche du rein de Buckingham prévue le 21 mai sous le pont Brady dès 10h. Elle espère que la population participera en grand nombre à cet événement dont l’objectif est d’aider la Fondation canadienne du rein.