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Des commerçants s’unissent pour lutter contre l’homophobie


Publié le 12 juin 2017

©TC Media - Michel Moyneur

Parce que l’homophobie et la transphobie existent encore, même en 2017, près d’une vingtaine de restaurateurs de la région ont accepté de s’associer, le temps d’une campagne de financement, à l’organisme Jeunesse Idem, le seul en Outaouais à supporter activement la communauté LGBT.

Pendant cinq jours, jusqu’à vendredi, les établissements participants, dont plusieurs ont pignon sur rue dans le Vieux-Hull, remettront une partie de leurs recettes à l’organisme à but non lucratif.    

Implantée en 2015, la campagne «Tous alliés», qui se tenait avant cette année que sur une seule journée, a à ce jour permis d’amasser 20 000$. Cette fois, les responsables de Jeunesse Idem espèrent récolter 25 000$.

L’organisme soutient annuellement au-delà de 2000 personnes, mais ne reçoit aucune subvention gouvernementale.

Pour sa vice-présidente, Marie-Claude Leblanc, ce nombre rappelle la nécessité encore bien présente d’éduquer la population vis-à-vis la réalité quotidienne pas toujours évidente vécue par les gais, lesbiennes, bisexuels et transgenres.

«On entend encore de façon assez fréquente: "Maudit que c’est gai, maudit que c’est fif"», déplore-t-elle.

Selon des études récentes, le taux d’absentéisme à l’école serait deux fois plus élevé chez les adolescents qui vivent des réalités allosexuelles. Les probabilités qu’ils ne poursuivent pas leurs études après le secondaire sont aussi plus élevées.

Qui plus est, selon Mme Leblanc, les jeunes gais et lesbiennes sont 14% plus à risque de commettre un geste suicidaire. Pour ce qui est des transgenres âgés entre 16 et 25 ans, 19% ont déjà attenté à leur vie.

Par ailleurs, indiquent les statistiques, les moins de 30 ans de la communauté LGBT sont de deux à dix fois plus susceptibles de développer un problème de toxicomanie.

«Tous ces chiffres démontrent qu’il reste une lutte importante à mener», note Mme Leblanc.

«Il y a aussi toute la question de l’exode. Quand, dans les régions, on ne prend pas soin de la communauté LGBT, plusieurs de ces jeunes-là s’en vont à Montréal, se déracinent de leur réseau naturel.»

Pour le coordonnateur de Jeunesse Idem, une campagne populaire comme celle menée cette semaine permet «de lancer des messages positifs d’inclusion».

«Et il faut continuer de le faire parce qu’on a parfois peur de ce qu’on ne connait pas ou de ce qu’on ne comprend pas», souligne Erik Bisson.

«Mais c’est pourtant juste de l’amour entre deux personnes.»

«C’est de pouvoir être soi-même, peu importe la forme symbolique.»

«C’est de pouvoir se présenter socialement tous les jours comme on se sent réellement, peu importe le sexe qui nous a été assigné à notre naissance.»

«C’est de ne pas avoir peur d’oser aller au resto avec son partenaire et se sentir en sécurité dans ces lieux.»