Un premier écrivain étranger en résidence à Gatineau

Patrick Voyer patrick.voyer@tc.tc
Publié le 10 août 2010

L'Association des auteurs et auteures de l'Outaouais (AAAO) accueille pour trois semaines l'écrivain belge Claude Raucy, grâce à un partenariat inédit avec la province du Luxembourg de Belgique.

Il y a souvent des auteurs étrangers à Gatineau, surtout à cause du Salon du livre, mais pas de cette manière. La dernière fois que M. Raucy est descendu dans le secteur de Hull en 2007, il n'avait pas sorti d'un rayon d'un kilomètre.

Cette fois, pour l'inspirer, il jouera les touristes express avec les deux responsables du projet, les auteurs Loïse Lavallée et Guy Jean. Le duo est allé explorer les possibilités d'un tel échange en février de l'autre côté de l'Atlantique.

«Montréal reçoit bien des auteurs, mais en région, je ne veux pas trop m'avancer, mais je pense que c'est une des premières fois», lance Mme Lavallée, en ajoutant que l'an prochain, deux auteurs devraient venir faire leur tour ici.

La poétesse Julie Huard et la romancière Geneviève Withlock sont parties en Belgique, dans l'illustre Château de Pont d'Oye, pour une résidence de même durée. Un échange qu'on souhaite récurrent.

De grosses journées

Claude Raucy ne sera évidemment pas en vacances : le lève-tôt écrira un minimum de six heures par jour. Il se rendra notamment dans la plupart des secteurs pour s'imprégner de l'atmosphère, dans le parc de la Gatineau, à la Maison des auteurs et dans les bibliothèques, où il donnera des ateliers aux enfants avec l'auteur gatinois Michel Lavoie, justement en résidence à la Bibliothèque municipale de Gatineau. Il sera aussi reçu par la Ville et un délégué de l'ambassade belge.

Ce qu'espère trouver M. Raucy chez nous est un «liant» pour l'intrigue du polar pour ados dont la trame principale est déjà déterminée - c'était d'ailleurs un des critères de sélection pour cet échange, en plus d'avoir déjà publié. Il nous en explique l'histoire sur la vidéo.

Il prévoit que Le crime des bleuets sauvages sera achevé en 60 heures, à Gatineau même. L'intrigue du roman s'y déroulera et on y reconnaîtra assurément notre ville! M. Raucy apprécie la littérature jeunesse, un style qu'il a commencé à pratiquer par hasard, pour sa capacité à changer les idées des jeunes.

Et même si une ministre lui a déjà dit qu'il était trop vieux et «non opérationnel» pour rejoindre les ados, l'homme de 71 ans a toujours été persuadé du contraire! Il est si fonctionnel qu'il a «programmé» sa mort pour 2049!

Le choc des cultures

Claude Raucy a déjà été publié au Québec au Trécarré et en est à sa troisième visite chez nous. Fin observateur, il n'a pas eu besoin de mois pour remarquer et apprécier les différences entre Belges et Québécois.

Notre manière très sécuritaire de conduire, notre humour aussi décapant que les Belges, notre désir de «se souvenir» sur nos plaques d'immatriculation (alors que selon lui, les Belges veulent oublier), la tolérance face aux autres langues (alors qu'en Belgique, c'est la guerre entre le français, le wallon et le flamand, rien à voir avec le français «contre» l'anglais), etc, retiennent son attention.

«Je me sens vraiment chez moi ici. Ah, les Québécois sont gentils, trop même, ça devient agaçant!», glisse-t-il en souriant.

L'auteur Claude Raucy est en résidence à Gatineau pour les trois prochaines semaines. (Photo: Patrick Voyer)