Faire voyager Gerhardt Gott de la Belgique à Gatineau


Publié le 22 février 2017

Mélanie Rivet

©Photo TC Media - Marie Pier Lécuyer

LECTURE. C’est une rencontre entre l’illustrateur et musicien belge Seppe Van den Berghe et Mélanie Rivet qui aura été la bougie d’allumage de la création du projet Gerhardt Gott – Carnets du vide, le tout dernier-né sous la bannière de Neige-Galerie.

C’est vraiment très percutant et il y a beaucoup d’espace pour le lecteur, autant dans ses images que dans ses mots Mélanie Rivet

La rencontre s’est fait en 2013, à Chicago, pendant le Festival Beethoven, durant lequel Mélanie Rivet y présentait l’exposition Ludwig: lettre à l'Immortelle Bien-aimée, en lien avec le livre de Christian Quesnel, Ludwig. 

Le projet de Gerhardt Gott – Carnets du vide avait été présenté sous forme de performances musicales, de vidéos et d’expositions, en Belgique. Mais jamais il n’avait fait l’objet d’une adaptation sous cette forme. 

Quand elle a découvert l’univers de Seppe Van den Berghe, Mélanie Rivet a eu un coup de cœur. Elle s’est rapidement informée sur son travail, soumettant ensuite le tout au comité éditorial de Neige-Galerie, qui a embarqué rapidement dans le bateau. C’est que le récit graphique cadrait bien dans la mission et dans l’expertise de la maison d’édition gatinoise.

L’illustrateur et auteur d’une dizaine de livres a rapidement été enthousiaste à voir son projet transposé ainsi. Mélanie Rivet a d’abord agi comme courroie de transmission dans cette histoire. Mais celle qui fait présentement une maîtrise en traduction littéraire a finalement été approchée par le comité éditorial pour traduire le texte en français, alors que sa version d’origine est le néerlandais. Howard Scott a réalisé la traduction en anglais. 

Trois ans après les premières étincelles du projet, l’œuvre s’est concrétisée, et sera présentée au public lors du Salon du livre de l’Outaouais (SLO). 

En feuilletant le livre, on passe trois jours en compagnie de Gerhardt Gott, où le sens de la vie, la réflexion sur l’agriculture sauvage, la déshumanisation de la façon dont on consomme sont évoqués, beaucoup par les images qui s’installent dans une page ou dans une autre, parfois avec les quelques mots que l’on retrouve ici et là. 

Ce qui a séduit Mélanie Rivet? «C’est la force de la poésie de ses mots, confie-t-elle. C’est vraiment très percutant et il y a beaucoup d’espace pour le lecteur, autant dans ses images que dans ses mots.»

La force des images, la façon d’aborder des propos engagés, sans être moralisateurs, ont aussi attiré celle qui a mis sa plume au service de l’histoire de Seppe Van den Berghe. «C’est à la fois très simple et en même temps original», note-t-elle à propos de l’ouvrage. 

Cette économie de mots n’a pas rendu le travail de traduction plus facile, prévient celle qui voit ainsi sa première traduction littéraire publiée prendre forme. C’est qu’elle voulait absolument reproduire la sonorité, et un effet semblable dans la langue d’arrivée. «Il n’y a pas beaucoup de mots dans le livre, mais on a travaillé fort sur chacun», confie la traductrice de l’œuvre. 

Traduit en anglais, puis en français, on y voit dans les pages le propos dans les trois langues. Une façon de permettre ainsi à l’œuvre de voyager. Déjà, le livre paru sous la bannière de Neige-Galerie voyagera en Belgique, où l’auteur habite. 

C’était aussi une belle occasion de voir le processus entre les mots et les images, mais aussi entre les différentes langues, et d’y voir l’apport de créativité du traducteur, explique Mélanie Rivet. 

Jeudi, la Scène Jacques-Poirier du SLO sera l’hôte d’une activité qui s’attardera à ce récit graphique, dès 16h. Vers 21h30, une performance-lecture aura lieu au Minotaure.