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25 mars 2017

Antony Da Silva-Casimiro - adasilvacasimiro@lexismedia.ca

Anton Jacobs-Webb veut voir Pyeongchang

HOCKEY SUR LUGE. «Ça ne me donne aucune limite. Je peux faire tout comme tous les autres», lance Anton Jacobs-Webb, adolescent de 16 ans.

Vêtu d'une tuque à l'effigie des Canadiens de Montréal et avec son manteau d'Équipe Québec sur le dos, on reconnaît tout de suite sa passion pour le hockey.

Et le sport, il en mange, et ce, malgré son handicap.

Car Anton ne le cache pas: il est un ambassadeur pour les Amputés de guerre. Né avec une jambe gauche plus courte que la droite, le Gatinois a passé plusieurs fois sous le bistouri, dont une à 12 ans pour opération longue, rare et compliquée.

C'était sa cinquième, voire sa sixième. Le finissant à l'école secondaire de l'Île en a perdu le compte depuis sa première alors qu'il n'était même pas à la maternelle.

Bref, cet handicap n'en est pas un à ses yeux. Ça ne l'a jamais empêché de faire quelque chose, affirme celui qui est un habitué de la marche et du vélo.

Sa détermination l'a toujours poussé à réaliser ses rêves. Elle pourrait bien lui être pratique à nouveau.

Fan de hockey, Anton Jacobs-Webb s'est tourné vers le hockey sur luge. Dès le départ, il en a eu la piqure. Toujours entouré de membres de l'équipe canadienne, le jeune homme a vu son rêve de lui-même atteindre la meilleure formation au pays devenir plus grand.

«Mon objectif est de faire les Jeux paralympiques. Les prochains. Ceux en 2018, ajoute fièrement celui qui est dans la troupe provinciale depuis deux ans. Je sais que la période de temps est courte et que c'est plus ou moins raisonnable, mais je vise d'être sur l'équipe de développement ce printemps et à l'automne, intégrer l'équipe canadienne.»

Le joueur de centre le reconnait: il devra impressionner rapidement. Les premiers camps sont en avril et les dirigeants arrêteront leurs choix avant Noël à savoir qui ira à Pyeongchang, en Corée du Sud.

Si je ne le fais pas, je serais déçu, mais pas à terre. Il y a peu de joueurs de mon âge qui pourrait le faire. En fait, je pense que je serais le plus jeune de l'équipe si ça devait se produire. Ce n'est pas ma dernière chance de les faire. C'est ma première. -Anton Jacobs-Webb, 16 ans

Ambitieux? Oui. Surtout que si ç'avérait à se réaliser, Anton deviendrait le deuxième joueur dans la région à prendre part à l'équipe nationale de hockey sur luge. Un seul avant lui a atteint cet exploit: Jean Labonté, qui a déjà été capitaine de l'équipe paralympique.

Ce dernier l'a supervisé comme entraîneur-adjoint avec Équipe Québec. Qu'en pense-t-il?

«C'est un court laps de temps, mais Anton est un gars de défi, qui aime se pousser et aller plus loin. Il a aussi l'attitude d'un joueur qu'il faut avoir. Ce n'est pas impossible que ç'arrive, mais la compétition est forte.»

Labonté a un sourire lorsqu'il parle de son protégé qu'il décrit comme motivé et allumé, mais aussi talentueux et naturellement habile avec les deux bâtons. Il aimerait bien ça voir un autre hockeyeur prendre le flambeau.

Surtout que le natif de Hull s'inspire de Ben Donnelly, un Ottavien de 19 ans, pour son parcours. Les deux athlètes ont subi les mêmes opérations et le modèle d'Anton a d'ailleurs intégré l'équipe paralympique quelques mois avant les Jeux de Moscou il y a quatre ans.

En plein comme le nouveau boursier du Club de la médaille d'or imagine son parcours.

«Si je ne le fais pas, je serais déçu, mais pas à terre. Il y a peu de joueurs de mon âge qui pourrait le faire. En fait, je pense que je serais le plus jeune de l'équipe si ça devait se produire. Ce n'est pas ma dernière chance de les faire. C'est ma première», déclare Anton qui reçoit toujours un coup de main des Amputés de guerre pour l'aider financièrement.

L'amour du vélo

Jouant jusqu'à quatre fois par semaine à Ottawa, Anton Jacobs-Webb est un garçon motivé. S'il n'est pas sur sa luge, ne soyez pas surpris de le voir pédaler, lui qui est en train de construire son propre vélo.

Ce futur étudiant au Cégep Héritage aime bricoler. Il en a même fait son projet personnel scolaire à l'école où il érige son propre bolide à deux roues. C'est d'ailleurs ce qu'il aimerait faire plus tard: être ingénieur.

«En ce moment, j'ai un vieux vélo sport prestige des années 1980. Quand je vais avoir fini de construire le vélo, ce sera le mien. J'ai hâte», mentionne-t-il en repensant aux nombreuses démarches entreprises pour que ça se réalise.

«Dans l'idéal, je deviendrais ingénieur pour une compagnie de vélo et je porterais les couleurs du Canada aux Jeux paralympiques», conclut-il rempli d'espoirs.

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